02 décembre 2006

Nicolas Fouquet ( 1615 - 1680 )


Un des plus grands financiers du XVIIème siècle souvent poursuivit par une légende noire.

I. La clef de la réussite

Nicolas Fouquet est originaire du milieu de marchands de soie d'Angers. Son grand-père devient conseiller au parlement de Paris sous Henri III. Son père, François IV Fouquet, épouse la fille d'un collaborateur de Sully, Gilles de Maupeou, financier et grand-père de Nicolas Fouquet. François Fouquet était conseiller d'État au Parlement de Paris et associé de la Compagnie des îles d'Amérique. Sa famille a fait fortune dans le commerce du drap avant de se reconvertir dans la magistrature. Ils étaient très dévot mais son grand-père était protestant, elle est passée sous la protection du cardinal de Richelieu. Il a beaucoup de frères et soeurs, dont deux qui sont devenus évêques de Narbonne et d'Agde et ont été proche de Vincent de Paul.
Nicolas Fouquet est élève chez les jésuites au collège de Clermont, où il apprend l'art de la rhétorique. Il fait ensuite une carrière de juriste au parlement de Metz où il devient conseiller en 1633. A vingt ans, il est maître des requêtes, à trente cinq ans, il est fait procureur au parlement de Metz. C'est également un homme de pouvoir qui est intendant des armées vers 1642-1643. Il passe alors du clan de Richelieu au clan de Mazarin. Il est chargé de contrôler le parlement de Paris par Mazarin. En 1653, il est fait surintendant des finances avec Abel Servien, il a donc un rôle déterminant pour trouver de l'argent dans ce contexte de guerres. En 1659, à la mort d'Abel Servien, il reste seul en place au poste de surintendant des finances. En 1661, il devient membre du conseil d'en-haut avec Le Tellier et Hugues de Lionne.

II. L'exercice du pouvoir

Nicolas Fouquet a placé beaucoup d'espoir dans le décollage économique de la France grâce aux ports de l'Atlantique, il est le continuateur des idées de Richelieu. En effet, Nicolas Fouquet possède Belle-Isle. Il possède un bon réseau de fidélité même si le roi a sans doute surestimé ce réseau. Il s'agit surtout d'une façade afin d'instaurer la confiance. Il fait construire le château de Vaux-le-Vicomte avec Le Vau, Le Nôtre et Le Brun. Il créé même une manufacture d'objet de luxe dans le but de meubler son château. Il charge Paul Pellisson de rassembler autour de lui des artistes tels que La Fontaine, Molière ou Madame de Scudéry qu'il accueille somptueusement. On dit souvent que sa fête de l'été 1661 a été tellement somptueuse qu'il a offusqué Louis XIV.
Il est entouré de dévots, notamment sa mère et ses frères. C'est un des financiers de la compagnie du saint sacrement même s'il n'en a jamais été membre. Lamoignon était un de ses amis et a lui été membre de la compagnie.

III. La chute

D'Artagnan est chargé d'arrêter Nicolas Fouquet à Nantes le 5 septembre 1661. Les justifications avancées sont la corruption - le péculat - ou le complot pour la sécurité de l'Etat s'il avait été évincé du pouvoir - Belle-Isle aurait été une base pour construire une politique indépendante. Son procès a lieu devant une juridiction spéciale avec des juges choisis par le roi. Le procès est très long, le roi veut le voir condamner à mort mais Nicolas Fouquet se défend particulièrement bien. Il est finalement bannit du royaume parce que les juges n'osent pas aller plus loin. Mais le roi intervient et le condamne à l'emprisonnement à vie à Pignerol.
Sa détention à Pignerol est allégé à partir du moment où le duc de Lessin y est mis en prison. Beaucoup de pression ont lieu sur Louis XIV afin que Nicolas Fouquet soit remis en grâce. Il est libéré en 1680 mais meurt peut de temps après.
La famille Fouquet n'a pas vraiment été disgracié puisque son fils reçoit le duché-pairie. Sous Louis XV, son petit-fils devient maréchal de Belle-Isle. La carrière de la famille n'est donc pas entièrement brisée.

Nicolas Fouquet pensait que le roi ne pouvait pas l'arrêter, il n'a pas compris mais son rôle était trop important pour le roi. Grâce à son habileté pour la finance, Nicolas Fouquet a contribué à favoriser l'absolutisme.

1 commentaire:

Hugues Marsat a dit…

Je m'interrogeais sur les racines protestantes de la famille Fouquet, racines probables - l'oncle de Nicolas s'appelle Isaac - mais incertaines - le même Isaac est trésorier de Saint-Martin de Tours - et limitées dans le temps puisque Nicolas reçoit une éducation catholique. Je n'ai trouvé aucune information à ce sujet, sauf dans votre blog. Je me demande donc à quelle(s) source(s) vous vous référez et s'il n'y a pas confusion ici avec la famille maternelle du Surintendant, dont le grand-père Gilles de Maupéou s'est effectivement converti à la Réforme.