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11 janvier 2007

Frédéric Le Play ( 1806 - 1882 )


Ingénieur et théoricien de la science sociale au XIXème siècle.

I. Ses origines

Frédéric Le Play est né en 1806 près de Honfleur dans un milieu modeste où son père occupait un emploi dans l'administration des douanes. Il fait ses études au collège du Havre, puis en 1824 à Paris, il prépara Polytechnique où il entra en 1825. Il est un brillant élève à l'Ecole des Mines.


II. Son oeuvre


Il se lie à Jeann Reynaud, un saint-simonien, et obtient une mission en 1829, en Allemagne pour étudier le secteur minier. Dès cette époque, cet admirateur de la science moderne se montre convaincu que la solution à la question sociale se trouve dans les leçons des sociétés traditionnelles. Il est ensuite chargé de nombreuses missions à l'étranger pour étudier les mines mais s'intéresse à ces occasions au monde des travailleurs.
Il est nommé membre de la commission permanente de statistique de l'industrie minérale, puis appelé en juillet 1848 aux fonctions d'inspecteur des études des études à l'école des mines. Il poursuit ses enquêtes en Belgique, en Angleterre, en Écosse, en Irlande et en Russie. Il conseille un moment Demidoffdans la gestion de ses mines qui faisaient travailler 45 000 ouvriers. Il est appelé en 1848 pour devenir professer de métallurgie à l'Ecole des Mines et il occupe cette chaire jusqu'en 1854. Il compte couronner ses études et ses travaux techniques par un grand ouvrage, qui aurait été comme le monument de sa vie d'ingénieur : l'Art métallique au XIXe siècle. Cet ouvrage est déjà fort avancé, quand éclate la Révolution de 1848. Ses amis, M. Thiers en tête, lui font sommation d'utiliser toutes les richesses amassées au cours de ses voyages et de se dévouer à ce qui, dans leur conviction unanime, constituait « l'oeuvre du salut public ». Malgré ses vifs regrets d'abandonner cette science professionnelle Le Play céde à un appel qui correspond à celui de sa conscience : il se démet de sa chaire et appartient désormais tout entier à sa mission sociale.
Il est ensuite l'un des principaux commissaire de l'exposition universelle de 1855 à Paris, puis est délégué à celle de Londres en 1862 et encore à celle de Paris en 1867. Les matériaux qu'il avait accumulé sont publiés pour la première fois en 1855 dans les Ouvriers européens. De 1864 à 1878, il a donné six éditions de la Réforme sociale en France, déduite de l'observation des peuples européens. Puis en 1881, sous son patronnage naît la Réforme sociale.

III. L'intérêt de son oeuvre

Le grand intérêt de son oeuvre, au-delà de ses positions conservatrices, est d'avoir joué un rôle pionnier dans une approche sociologique du monde du travail et d'avoir apporté par là un éclairage très neuf sur la vie paysanne et ouvrière à l'échelle de l'Europe. L'observation de ses recherches est la famille, qui selon lui est "la véritable molécule sociale". Elle n'est pas un groupement artificiel ou éphémère; elle demeure et créé une chaîne inféfinie, qui relie les générations successives. Dans ses monographie de famille, son études à porté en particulier sur le budget domestique.

Stephano Jacini ( 1826 - 1891 )

Economiste et homme politique italien du Risorgimento.

I. Ses origines

Né en Lombardie à Casalbutano, il est issu d'une famille de notables enrichis à la fois par la propriété foncière près de Crémone et par la fabrication et le commerce de la soie. Il fait des études de droits en Suisse, à Berlin puis à Milan.

II. L'économiste

Durant l'occupation autrichienne, il se consacre à un travail d'économiste et se fait connaître pour plusieurs ouvrages dont les Mémoires sur la population agricole de LOmbardie (1854) et La propriété foncière en Lombardie (1856). Il devint ensuite conseiller de Cavour et dénonça la domination autrichienne sur l'Italie.

III. Un homme politique

Il devient ministre des travaux publics de Cavour de 1860 à 1861. puis à nouveau sous la Marmora en 1861 et encore en 1867 sous Bettino Ricasoli. Il est à l'origine de l'initiative du tunnel sous le Gotthard et contribue au rapprochement entre l'Italie et la Prusse. Il joue aussi un rôle important dans la mise en place du chemin de fer italien. Nommé sénateur en 1870, il est président de la commission d'enquête sur l'agriculture italienne initiée dès 1869. A la tête de la propriété familliale, il est aussi connu pour la modernité de ses exploitations, son rôle d'agronome progressiste dans le sillage des Catteneo, Verri, Romagosi et en particulier pour ses efforts en faveur de l'élevage en Lomardie.

03 décembre 2006

L'Anneau des Nibelungen


L'anneau des Nibelungen est un mythe germanique et nordique qui a inspiré Richard Wagner pour son opéra du même nom.

I. Le mythe

Les Nibelungen sont des nains des légendes germaniques, les fils du brouillard. Ils possédaient de grandes richesses qu'ils tiraient de leurs mines en dessous des montagnes, là où ils habitaient. Ils avaient pour roi Nibelung. Cette légende récite les exploits du chevalier Siegfried.
Ce dernier est un héros légendaire de la mythologie nordique, personnage central de la saga de Völsung (Völsungasaga) et de la chanson des Nibelungen. C'est lui qui a tué le dragon Fáfnir, ce qui l'a rendu invulnérable. C'est également l'amant de la valkyrie Brünhild qu'il est le seul à avoir battu au combat. Mais Siegfried est victime de la malédiction de l'anneau des Niebelungen, peuple gardien et possesseur de ce trésor. Il ne tient pas compte des avertissements des fantômes et prend l'anneau, pièce maîtresse du trésor des Niebelungen. L'anneau attire les convoitises et il venge son père des rois jumeaux saxons.
A cause d'un philtre d'amour, il tombe amoureux de la sœur du roi de Burgondie et en oublie Brünhild. Il meurt à cause de cette dernière qui se suicidera pourtant sur le bûcher funèbre de l'homme qu'elle aimait.
Siegfried est le nom germanisé de Sigurdr le Volsungr et le nain Mime est en fait le forgeron Regin. C'était un des vikings. La légende ressemble à s'y méprendre à la légende d'Achille et d'Atalante. Dans la chanson des Nibelungen, version christianisée datant du XIIIe siècle, c'est un chevalier époux de Brunehilde, tué traitreusement par Hagen et vengé par Brunehilde.

II. L'anneau des Nibelungen de Richard Wagner

Le mythe fait partie des inspirations de la littérature contemporaine, avec J.R.R. Tolkien et son épopée du seigneur des Anneaux. L'Anneau du Nibelung, festival scénique en un prologue et trois journées - Der Ring des Nibelungen - ou Le Ring ou encore la Tétralogie, est le titre original du cycle dramatique en un prologue et trois journées de Richard Wagner. Si par commodité on parle d'opéra, l'auteur lui-même et les spécialistes insistent sur ce fait: avec près de trente ans de gestation, Le Ring est une œuvre immense. Selon les interprétations, il peut durer de treize à dix-sept heures. Le texte, rédigé en allemand, compte plus de huit mille lignes et met en scène plus de trente personnages. La musique est construite autour de plus de quatre-vingt leitmotive id est de thèmes conducteurs, musicaux différents, sans compter les dérivés. Passionné par le théâtre grec antique, Richard Wagner emprunte la structure en quatre parties des spectacles antiques. Il en tire aussi ce qu'il appelle l'Art total où tout est lié : théâtre, musique, poésie, peinture, etc. Il va jusqu'à construire un théâtre consacré à son œuvre, le Palais des festivals de Bayreuth. Partie d'un projet de poème épique - La Mort de Siegfried -, cette œuvre s'est transformée au fil des années et de la maturité de l'auteur en une gigantesque allégorie sur la société, la politique, l'économie et le pouvoir.

III. Le palais des festivals de Bayreuth

Le Bayreuther Festspielhaus - Palais des festivals de Bayreuth - est une salle d'opéra située sur la « Colline sacrée » à Bayreuth, en Bavière, et inaugurée en 1876. Conçue spécialement par le compositeur Richard Wagner pour l'exécution de ses œuvres, cette salle révolutionnaire pour l'époque et encore novatrice aujourd'hui est le siège du Festival de Bayreuth et un haut lieu du wagnérisme. Richard Wagner choisit pour son théâtre d'adapter un projet avorté du grand architecte Gottfried Semper pour une salle d'opéra à Munich, sans d'ailleurs avoir sa permission. La construction fut permise grâce à un don de 100 000 talers du roi Louis II de Bavière, protecteur et mécène de Wagner.
La première pierre est posée le 22 mai 1874, sur une colline au Nord de Bayreuth. Parallèlement, Wagner fait construire à proximité la Villa Wahnfried pour lui et sa famille. L'inauguration eut lieu avec la première exécution complète de la tétralogie L'Anneau du Nibelung du 13 au 17 août 1876, les deux derniers opéras étant donnés en création mondiale. Parsifal y fut créé le 26 juillet 1882. Ces deux œuvres occupent une place particulière à Bayreuth, puisque le Festspielhaus fut construit pour L'Anneau et Parsifal composé pour le Festspielhaus. Les cinq autres opéras de maturité de Wagner, créés dans les théâtres « traditionnels », entrèrent plus tard au répertoire du Festival. Le Palais des festivals devient en 1973 la propriété de la Richard-Wagner-Siftung Bayreuth - la Fondation Richard -Wagner de Bayreuth -, dont le siège est à la Villa Wahnfried.

René Caillé ( 1799 - 1838 )


Voyageur français, premier explorateur à revenir de la ville de Tombouctou au Mali.

I. Sa formation

René Caillié est né le 19 novembre 1799 à Mauzé-sur-le-Mignon dans les Deux-Sèvres. C'est le fils d'un ouvrier boulanger, un homme du peuple. René Caillé est marqué par la condamnation pour un petit vol de son père au bagne l'année de sa naissance. Il ne le connaît pas puisque celui-ci meurt au bagne de Rochefort en 1808. Il perd sa mère trois ans plus tard. Bercé par la lecture de Robinson Crusoé que lui a fait découvrir son maître d'école, il quitte à pied Mauzé pour la Rochelle et s'embarque pour le Sénégal.

II. Son voyage

Il s'embarque en 1814 pour le Sénégal, sans fortune, sans amis, sans secours. René Caillé arrive en Afrique en 1817, le bateau sur lequel il se trouvait faisait partie du même convoi que la Méduse. Après dix ans d'obstacles et de traverses de tout genre, il réussit à pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique. Malgré des fatigues inouïes, il parvint à Djenné. René Caillé découvre l'Afrique à une époque ou seule la côte est connue mais il est seul et sans moyens financiers. Au Sénégal, René Caillé travaille dans une indigoterie et prépare un voyage vers l'intérieur de l'Afrique. En 1827, il se joint à une caravane musulmane qui va vers Tombouctou. Se faisant passer pour un lettré musulman, il est le premier blanc a pénètrer le 20 avril 1828 dans cette ville. Mais il se trouve plutôt déçu par cette ville qui l'avait tant fait rêver à travers les écrits de Léon l'Africain.

III. Son retour en France

Son retour en France en 1830 après 16 ans d'absence, à travers le désert du Sahara puis le Maroc est un véritable calvaire. Il reçoit de la Société de Géographie un prix de 10 000 francs. Il publiera en 1830 un récit de son voyage Journal d'un voyage à Tombouctou, avec le concours de M. Jomard, qui lui assurera une grande renommée. Il meurt le 17 mai 1838 des suites d'une maladie contractée en Afrique au domaine de L'Abadaire à Saint-Symphorien-du-Bois, commune de Charente-Maritime où il avait acheté un domaine.
Contrairement à la plupart des explorateurs de ce siècle, René Caillé est parti sans escorte et incognito. Il voyage en se faisant passer pour un musulman et pour tenir ce rôle, séjourne de longs mois dans une communauté musulmane du Sénégal avant son départ. Il y étudie avec une grande rigueur cette religion et ses rites.