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06 décembre 2006

Louis II de Condé dit le Grand Condé ( 1621 - 1686 )


Homme d'Etat, frondeur et grand chef de guerre. D'abord duc d'Enghein puis prince de Condé.


I. L'héritier d'une prestigieuse alliance.


Louis II de Condé est né en 1621. Il est le fils d'Henri II de Condé et de Charlotte de Montmorency. Dans les années 1620, la famille Condé est proche du trône, notamment de Louis XIII et Gaston d'Orléans. Louis de Condé hérite de son père d'un rapprochement avec le cardinal de Richelieu. C'est également l'héritier de bien des lignées cadettes qui s'éteignent: les Soissons, les Conti, ... C'est l'héritier des biens de son oncle Henri de Montmorency - ainsi du château de Chantilly - et de ses ambitions.
Louis II de Condé reçoit une solide éducation chez les jésuites, il se passionne même pour les mathématiques. Plus tard, il participe à des salons, dont celui de Rambouillet. Il écrit notamment des poèmes pour la fille de Rambouillet, Julie d'Angennes. En 1641, il épouse la nièce du cardinal de Richelieu, Clémence de Maillé-Brézé.

II. Un chef de guerre ambitieux

En 1640, Louis II de Condé assiste à la prise d'Arras, puis celle de Perpignan deux ans plus tard. Le cardinal de Richelieu lui confie un régiment. C'est à lui que l'on doit la victoire de Rocroi en 1643 et la maîtrise de la Moselle par la France. Ses succès continuent les années suivantes. Il supervise de nombreux sièges dont celui de Coutrai, Merdyck, Dunkerque ou Lens.
Il entre peu à peu en conflit avec le cardinal de Mazarin. Au moment de la Fronde, il assiège Paris et exige plus de pouvoir. C'est à ce moment que s'opère la rupture et qu'il passe dans le camp des rebelles. En 1650, il est emprisonné avant d'être libéré l'année suivante. Mazarin se retire en espérant que son arogance le perdra. La guerre civile est progressivement perdu par le Grand Condé, notament après le massacre de l'hôtel de ville où sont tués les dirrigeants et où par la même occasion, il perd ses appuis. Louis II de Condé quitte alors la France et se réfugie en Espagne. Il ne réalise aucune grande victoire dans le camp espagnol mais grâce aux négociations du roi d'Espagne, il est réhabilité par le roi de France. En 1659, il revient en France et se consacre à l'exploitation de sa fortune, avant de décider de servir à nouveau le roi.
Il participe à la guerre de Dévolution puis à la guerre de Hollande, c'est notamment lui qui écrase le prince d'Orange à Senef en 1647. A la mort de Turenne, il est chargé de défendre l'Alsace. Après sa sernière campagne, il se retire au château de Chantilly.

III. Le mécène

Louis II de Condé protège plusieurs auteurs dont Corneille, Racine et Boileau. Il espérait rencontrer Spinoza et avait donc une grande ouverture d'esprit. Il avait ses propres poètes, dont Jean Baptiste Raisin qui écrivait en latin et La Chapelle. C'était également un ami du sculpteur Coysevox qui a d'ailleurs sculpté un buste de Condé. Il possède une très grande bibliothèque de plus de 10 000 ouvrages. Il accueille des savants chez lui, des membres de l'académie de médecine comme Bourdelot et il organise de très grandes fêtes dont l'une cause le suicide de son maître d'hôtel Vatel.
Mais paradoxalement, il devient dévot à la fin de sa vie.

02 décembre 2006

Nicolas Fouquet ( 1615 - 1680 )


Un des plus grands financiers du XVIIème siècle souvent poursuivit par une légende noire.

I. La clef de la réussite

Nicolas Fouquet est originaire du milieu de marchands de soie d'Angers. Son grand-père devient conseiller au parlement de Paris sous Henri III. Son père, François IV Fouquet, épouse la fille d'un collaborateur de Sully, Gilles de Maupeou, financier et grand-père de Nicolas Fouquet. François Fouquet était conseiller d'État au Parlement de Paris et associé de la Compagnie des îles d'Amérique. Sa famille a fait fortune dans le commerce du drap avant de se reconvertir dans la magistrature. Ils étaient très dévot mais son grand-père était protestant, elle est passée sous la protection du cardinal de Richelieu. Il a beaucoup de frères et soeurs, dont deux qui sont devenus évêques de Narbonne et d'Agde et ont été proche de Vincent de Paul.
Nicolas Fouquet est élève chez les jésuites au collège de Clermont, où il apprend l'art de la rhétorique. Il fait ensuite une carrière de juriste au parlement de Metz où il devient conseiller en 1633. A vingt ans, il est maître des requêtes, à trente cinq ans, il est fait procureur au parlement de Metz. C'est également un homme de pouvoir qui est intendant des armées vers 1642-1643. Il passe alors du clan de Richelieu au clan de Mazarin. Il est chargé de contrôler le parlement de Paris par Mazarin. En 1653, il est fait surintendant des finances avec Abel Servien, il a donc un rôle déterminant pour trouver de l'argent dans ce contexte de guerres. En 1659, à la mort d'Abel Servien, il reste seul en place au poste de surintendant des finances. En 1661, il devient membre du conseil d'en-haut avec Le Tellier et Hugues de Lionne.

II. L'exercice du pouvoir

Nicolas Fouquet a placé beaucoup d'espoir dans le décollage économique de la France grâce aux ports de l'Atlantique, il est le continuateur des idées de Richelieu. En effet, Nicolas Fouquet possède Belle-Isle. Il possède un bon réseau de fidélité même si le roi a sans doute surestimé ce réseau. Il s'agit surtout d'une façade afin d'instaurer la confiance. Il fait construire le château de Vaux-le-Vicomte avec Le Vau, Le Nôtre et Le Brun. Il créé même une manufacture d'objet de luxe dans le but de meubler son château. Il charge Paul Pellisson de rassembler autour de lui des artistes tels que La Fontaine, Molière ou Madame de Scudéry qu'il accueille somptueusement. On dit souvent que sa fête de l'été 1661 a été tellement somptueuse qu'il a offusqué Louis XIV.
Il est entouré de dévots, notamment sa mère et ses frères. C'est un des financiers de la compagnie du saint sacrement même s'il n'en a jamais été membre. Lamoignon était un de ses amis et a lui été membre de la compagnie.

III. La chute

D'Artagnan est chargé d'arrêter Nicolas Fouquet à Nantes le 5 septembre 1661. Les justifications avancées sont la corruption - le péculat - ou le complot pour la sécurité de l'Etat s'il avait été évincé du pouvoir - Belle-Isle aurait été une base pour construire une politique indépendante. Son procès a lieu devant une juridiction spéciale avec des juges choisis par le roi. Le procès est très long, le roi veut le voir condamner à mort mais Nicolas Fouquet se défend particulièrement bien. Il est finalement bannit du royaume parce que les juges n'osent pas aller plus loin. Mais le roi intervient et le condamne à l'emprisonnement à vie à Pignerol.
Sa détention à Pignerol est allégé à partir du moment où le duc de Lessin y est mis en prison. Beaucoup de pression ont lieu sur Louis XIV afin que Nicolas Fouquet soit remis en grâce. Il est libéré en 1680 mais meurt peut de temps après.
La famille Fouquet n'a pas vraiment été disgracié puisque son fils reçoit le duché-pairie. Sous Louis XV, son petit-fils devient maréchal de Belle-Isle. La carrière de la famille n'est donc pas entièrement brisée.

Nicolas Fouquet pensait que le roi ne pouvait pas l'arrêter, il n'a pas compris mais son rôle était trop important pour le roi. Grâce à son habileté pour la finance, Nicolas Fouquet a contribué à favoriser l'absolutisme.

30 novembre 2006

Jean François Paul de Gondi dit le cardinal de Retz


Homme d'Eglise et homme d'Etat, mémorialiste français du XVIIème siècle.

I. Sa formation

La famille de Gondi s'est installée en France au temps de Catherine de Médicis. En 1581, ils obtiennent un duché-pairie. Philippe-Emmanuel de Gondi, son père a été un des protecteur de Vincent de Paul; il est d'ailleurs rentré dans les ordres une fois veuf. La famille de Gondi dispose de l'évêché de Paris depuis 1598; c'est d'ailleurs au profit de cette famille l'archevêché de Paris est créé en 1622. Jean François Gondi est destiné à devenir un prince de l'Eglise et doit succéder à son oncle. Il suit des cours de théologie chez les jésuites.
Mais en parallèle, il mène une vie plutôt débauché et est opposé au cardinal de Richelieu depuis q'un de ses frères aînés doit renoncer aux galères au profit d'un neveu de Richelieu. Jean François de Gondi affirme même qu'il a participé au complot du comte de Soissons. En 1643, après la mort de Richelieu et de Louis XIII, il est nommé coadjuteur de l'archevêque de Paris. Il commence alors a prêcher, les curés parisiens l'apprécient beaucoup.
Jean François de Gondi est également évêque in partibus de Corinthe, évêché purement honorifique, qui n'existe plus. Il participe à des assemblées du clergé: il défend le droit de l'Eglise contre pouvoir temporel, et notament Mazarin.

II. Le frondeur

En 1648, il prend position contre Mazarin dans le but de prendre sa place. Il aimerait être cardinal afin de devenir le principal conseiller de la Reine-Mère. Il utilise notament son influence sur les prêtres pour soulever le peuple en juillet 1648. En janvier 1649, la cour quitte Paris, Gondi organise un régiment de chevaux léger, des corinthiens, pour protéger Paris contre les armées de Mazarin : mais c'est un échec. Il tente également d'empêcher la paix de Rueil mais là aussi c'est un échec.
Lors de la Fronde des princes, Jean François de Gondi est apparu entre le camp de Mazarin et de Condé car il espérait devenir cardinal. En 1650, il essaie de resoulever Paris en rapprochant la Veille Fronde de la Nouvelle Fronde, autour de Gaston d'Orléans qui en forme le ciment. C'est une réussite. Il espère obtenir le rôle de principal ministre avec l'aide de la Reine-Mère. Il arrive à discuter avec elle en bloquant Louis XIV et Anne d'Autriche à Paris.
En février 1622, il devient cardinal, mais entre temps, ses partisans ce sont éloignés de lui. Il a d'ailleurs failli être étranglé entre deux portes par Larochefoucault. Il fait un discours insolent devant Louis XIV et est arrêté en décembre 1652.

III. Un long exil

En 1654, on lui demande de démissionner de son poste d'archevêque. Il accepte cette démission dans le but d'être libéré malheureusement on ne le relâche pas et il apprend que le pape qui est contre Mazarin refuse cette démission. La cour est alors convaincu d'un complot entre Gondi et le pape. Il réussit à s'évader et part pour Rome après être passé par l'Espagne. Il demeure donc archevêque depuis Rome et les curés en sont ravis. Il s'endette considérablement et doit bientôt quitter Rome. Il vit alors tout autour de la France en attendant la fin de Mazarin. En 1662, il doit finalement renoncer à son archevêché et peut alors revenir en France, où en tout cas dans le duché de Lorraine. Il essaie alors de tout faire pour revenir en grâce auprès de Louis XIV, en intriguant au conclave pour les papes pro-français.
A la fin de sa vie, il est autorisé à revenir à Paris où il meurt en 1679. Il est alors enterré à Saint Denis, sans qu'il y ait de nom sur sa tombe. Dans les quatre dernières années de sa vie, il reconnaît tous ses péchés et vit de prières et de renoncement. C'est durant cette période qu'il écrit ses Mémoires. Il se moque des historiens et pourtant, lui même ment dans ses mémoires et invente ce qui l'arrange. Ses mémoires rendent bien compte de ce que pense un grand seigneur du XVIIème siècle. Il a également écrit la conjuration de Fiesque quelques années auparavant, dans lequel il a analysé un complot.

28 novembre 2006

Honoré d'Urfé ( 1568 - 1625 )


Auteur du roman le plus lu au XVIIème siècle: l'Astrée

I. Sa formation

Honoré d'Urfé appartient à une des plus vieilles familles du Forez mais lui-même est né à Marseille en février 1568. Sa famille connaît un décollage à partir du moment où les Beaujeu arrivent au pouvoir.
Claude d'Urfé, son grand-père, était un ambassadeur de François II et son précepteur. C'est lui qui a fait construire la Bastie d'Urfé dans la Loire, un château renaissance avec une pièce de bains recouvert de coquillages. C'est ce château qui sert de cadre à l'Astrée et qui révèle une certaine nostalgie d'Honoré d'Urfé.
Son père, Jacques Ier d’Urfé, né au château de la Bastie en 1534, chambellan et gentilhomme de la maison du roi de France, a épousé en 1554, à Compiègne, en présence de la Cour et du roi Henri II, Renée de Savoie, fille aînée et héritière de Claude de Savoie, comte de Tende et chevalier de l’ordre du roi, lieutenant général pour le roi en Provence et amiral du Levant.
Par sa mère, Renée de Savoie, Honoré d’Urfé descend des Lascaris, une très ancienne famille impériale de Byzance, qui s’illustre à partir de Théodore Lascaris qui fonde l’empire de Nicée après la prise de Constantinople par les croisés , en 1204. Le dernier empereur Lascaris, Jean IV Doukas, un enfant lorsqu'il monte sur le trône, est renversé par le régent, Michel VIII Paléologue, en 1259. Pour éloigner le danger des Lascaris, Michel Paléologue marie les soeurs de Jean Lascaris à des princes et seigneurs étrangers. C’est ainsi qu’Eudoxie Lascaris épouse Guillaume Pierre, comte de Vintimille, gentilhomme génois, que les révolutions de l’empire d’Orient avaient attiré à Constantinople, et qui appartenait à la branche aînée d’une ancienne famille, issue, dit-on, du marquis d’Ivrée, roi d’Italie.
Honoré d'Urfé passe avec sa mère ses premières années , de 1572 à 1575, à Tende. Il retrouve ensuite la Bastie d’Urfé, à l'âge de dix ans. Le jeune homme est destiné à une carrière dans le métier des armes. Il passe par le collège de Tournon, puis entre au service de la Savoie. En 1584, Honoré devient chevalier de l’ordre de Malte. Plus tard, il s'engage dans les troupes ligueuses avec deux de ses frères et rentre tardivement en grâce auprès du nouveau roi Henri IV. En 1603, il est finalement fait gentilhomme de la chambre du roi. C'est un ami de Malherbe.
Il épouse la veuve de son frère, Diane de Châteaumorand, en 1600.

II. L'Astrée

L'Astrée est véritablement l'oeuvre de sa vie puisqu'il commence sa rédaction dès son adolescence. L'ouvrage comporte plus de 5 000 pages. Les deux derniers tomes du roman ne sont publiés qu’après sa mort en 1627 et 1628. Il semblerait que c'est son secrétaire, Balthazar Baro qui rédige, à partir de ses notes, la cinquième et dernière partie du roman. La première édition complète parait en 1632-1633, puis en 1647. L'histoire évoque un berger, Céladon qui tombe amoureux d'Astrée mais les amants ne peuvent pas s'aimer librement puisque leurs deux familles se haient. Le tout se passe dans le Forez au Vème siècle. Mais pour les lecteurs du XVIIème siècle, cela ne fait pas de doute : l’amour de Céladon pour Astrée est celui d’Honoré d’Urfé pour Diane de Châteaumorand. Il s'agit d'un roman pastoral dont la source semble être l'Arcadia de Sannazar qui date de 1502.

III. La portée de l'ouvrage

L'ouvrage se veut un modèle moral de comportement pour le retour à la paix après la guerre civile. On y distingue largement l'attrait pour la vie rural et la volonté du retour des seigneurs à leurs terres.
C'est une sorte de bréviaire de l'honnête homme: Honoré d'Urfé insiste sur la courtoisie, la galanterie. L'ouvrage se pose en modèle de sagesse.
C'est aussi un roman d'éducationsur l'amour contrarié et les façons de le surmonter. L'auteur développe également l'héroïsme chrétien: "il faut mourir en soi pour pouvoir revivre en autrui". On retrouve un même écho chez François de Sales.
Le cardinal de Retz évoque l'Astrée dans ses mémoires, ce qui témoigne de sa diffusion et de la longévité de son influence.

26 novembre 2006

Le livre dans l'ancienne France


A l'origine, le livre est un objet rare et manuscrit, la société étant surtout dominé par la culture orale. Avec l'apparition de l'imprimerie, la culture écrite prend de l'importance.

Quel est l'impact de cette culture écrite sur la société?


I. La naissance d'une civilisation du livre.

A. L'essor matériel.

Les conditions matérielles ont prédisposé à la création de l'imprimerie. Gutenberg marque la naissance du livre. Avec lui, c'est la rencontre d'une encre suffisament grasse, d'un métal suffisament souple pour résister à la presse et la mise au point de la presse elle-même. La vallée du Rhin est le premier foyer de l'imprimerie.
Au XVème siècle, 3 000 livres sortent des presses, au XVIème siècle ce sont 60 000 livres, au XVIIème siècle, 200 000 livres et au XVIIIème siècle, 400 000 livres. Peu à peu, une codification se met en place:
  • lettre caroline pour l'écriture
  • mise en page aérée
  • code pour la ponctuation
  • page de garde hiérarchisée
Les titres imprimés évoluent également. Au début de la période, ce sont essentiellement des livres religieux qui sortent, puis il y a un recul et peu à peu, ils sont concurencés par différents secteurs: les oeuvres humanistes, les romans, les livres scientifiques.

B. Le monde du livre

Le monde du livre est composé des imprimeurs, des typographes, ... Le premier imprimeur est un allemand, Froben. Le modèle vient donc de l'étranger avant de se développer en France autour d'Estienne à Paris, de Griffe à Lyon, ... Le métier lui-même évolue: au départ les imprimeurs s'occupent aussi de la diffusion, puis progressivement il y a une spécialisation: on est libraire, imprimeur ou éditeur.
Les capitales de l'imprimerie en France sont Paris et Lyon puis quelques villes universitaires telles que Tours, Toulouse, Poitiers ou Bordeaux. Les ouvriers typographes, plus cultivés que la moyenne, sont aussi plus revendicatif et sont à l'origine de troubles sociaux et religieux.
Progressivement, le nombre d'imprimeurs augmente et parfois ils deviennent un recours pour des écrivains qui n'arrivent pas à percer comme Restif de la Bretonne. A partir de 1618, un statut de corporation est créé, la profession d'imprimeur est reconnu.

C. Un public potentiel de plus en plus vaste

Les livres se modifient progressivement, on passe de l'in-quarto à des modèles plus petits, notamment avec Alde Manuce qui produit des in-12 ou in-16. La diffusion d'almanach devient aussi de plus en plus importante, ce sont des livres simplement brochés qui sont populaire dès le XVIème siècle.
La bibliothèque bleue de Troyes permet une diffusion plus populaire. En parallèle, l'alphabétisation augmente. Les illustrations abondante favorisent un public moins alphabétisé. Les gravures se diffusent également autour d'artiste comme Dürer ou Lucas Peni. Les livres d'heure sont des petits ouvrages de prières qui se diffusent même dans les milieux les plus modestes.

II. La réception du livre

A. Evolution de la psychologie

La diffusion plus massive du livre transforme peu à peu la façon de lire: on passe d'une lecture à haute voix à une lecture muette. Comme dans le domaine de la foi, il y a une amplification du phénomène d'interiorisation.
Il y a aussi évolution de l'apprentissage et de la diffusion des connaissances. On peut avoir un apprentissage livresque et moins répétitif. Il y a une plus grande ouverture d'esprit puisque l'accès au savoir est plus important ce qui transforme le regard de la société sur le monde.

B. Des publics variés

Grâce à l'inventaire des bibliothèques des défunts, on peut définir le profil de différents types de lecteurs:
  • la bourgeoisie administrative liée au savoir dont les 2/3 disposent de livres: des livres de droit, des livres religieux, des livres d'histoire, ...
  • la bourgeoisie marchande dont 1/4 seulement dispose de livres: c'est une culture moins humaniste plus tourné vers les livres d'utilité ou d'évasion.
  • la haute noblesse de robe dispose des plus belles bibliothèques avec de grands ouvrages classiques tels que Montesquieu
  • la haute noblesse pour qui le livre est synonime de prestige et dont la bibliothèque est tourné vers des ouvrages d'apparat
  • les artisans et boutiquiers qui ne possèdent souvent q'un seul livre de piété
  • les paysans disposent rarement de livres
Au XVIIème siècle, les livres profanes se diffusent et les livres religieux connaissent un certain recul, surtout en ce qui concerne les Pères de l'Eglise. Il y a un élargissement de la demande.

C. La diffusion du livre

Le livre circule de mieux en mieux et atteint son apogée au XVIIIème siècle. Il circule grâce aux colporteurs, aux cabinets de lecture qui sont mis en place par les libraires avec une sorte d'abonnement, grâce aux bibliothèques publiques (18 bibliothèques ouvrent au public à Paris).
La plus grande bibliothèque à Paris est celle des Génovéfins au milieu du XVIIIème siècle, elle contient quelques 45 000 ouvrages.
Les pouvoirs publics facilitent l'ouverture des bibliothèques. Dans un tableau de Paris, Louis-Sébastien Mercier décrit des loueurs de livres qui les louent pour le tiers de leur prix.


III. Le livre: un enjeu A. Dans les luttes religieuses

Le livre a permis la diffusion des thèses de Luther dès 1520 en France. Les catholiques utilisent aussi les livres qui deviennent la base de la controverse entre les deux camps.
On constate un intérêt constant pour les thèmes religieux: les livres de piété sont toujours très diffusés. Les Jésuites disposent d'une imprimerie à Trévoux pour diffuser leurs ouvrages.
Durant les Lumières, les livres deviennent à nouveau la base de a controverse entre les catholiques et les philosophes.

B. Les enjeux politiques

La monarchie n'a eu de cesse de contrôler les livres. Elle a voulu à la fois contrôler les imprimeurs et les livres. François 1er est par exemple le seul contrôle de l'université de Paris. Les imprmeurs sont tenus de prêter un serment au recteur.
Le roi intervient en 1535 pour interdire la publication de tout livre à Paris pour quelques jours à la suite de l'affaire des placards. Entre 1539 et 1541, le roi définit des conditions de publication, d'abord pour Paris et à Lyon, puis sa difusion est élargie. Charles IX, en 1571, instaure un système où les imprimeurs doivent désigner des élus qui les représentent dans chaque ville de France. Ils sont tenus de n'imprimer aucun livre hérétique. Le procureur-syndic est créé. Louis XIII, en 1618, organise les imprimeurs en corporation.
On trouve aussi une volonté de contrôler les productions. En 1539, François Ier instaure un dépôt légal mais il fonctionne peu et uniquement pour les petits ouvrages. En 1566, Charles IX instaure une autorisation préalable à toute nouvelle publication d'ouvrage. Cette autorisation est délivrée par une lettre de privilège, en même temps qu'un monopole. C'est le chancelier qui est chargé de tout ce qui touche au livre mais la censure est peu utilisée. Les protestations contre les livres viennent plutôt de l'extérieur, notamment du pape contre les ouvrages gallicans publiés en France. En 1617, Louis XIII publie un édit qui subordonne le privilège si l'éditeur donne deux ouvrages au roi. Louis XIV impose que les livres soient lu par les censeurs avant qu'ils soient imprimés. Les livres ne sont donc imprimés qu'après une correction. A partir de 1701, le directeur de la librairie est placé sous l'autorité du chancelier. Au XVIIIème siècle, un privilège tacite est instauré, le roi laisse se diffuser des ouvrages qui ne sont pas cautionné par la monarchie mais qui sont tolérés, puisqu'au final les livres interdit sont imprimés hors des frontières et entre tout de même en France. Les ouvrages clandestins se diffusent très bien. La censure elle-même s'affaiblit après 1750.

C. La naissance d'une opinion public

La diffusion du livre permet un débat public à partir de joutes oratoires ou livresques. Progressivement, la monarchie doit prendre en compte cet opinion public, elle a un rôle d'éducateur de l'opinion public.
Les écrivains obtiennent petit à petit un statut, qui se forge en 1778: on lui accorde des droits d'auteur. C'est notamment l'oeuvre de Beaumarchais. Donc à terme, le livre créé l'écrivain.


La fin de la période est marquée par une certaine sacralité du livre.

Claude le Pelletier ( 1630 - 1711 )


Contrôleur général qui succède à Colbert de 1683 à 1689.

I. Les bases familiales

Né à Paris en 1630 dans une famille noble liée au Le Tellier. Claude le Peletier est apparenté à Jacques Peletier du Mans, auteur de la Pléïade. Son père, Louis le Peletier, devient trésorier des finances et achète un titre de noblesse en 1637 puis il devient secrétaire des finances de Gaston d'Orléans.
Claude le Peletier a reçu une excellente éducation, dans un premier temps avec un précepteur, puis au collège Grassin. Il se lie à Jérôme Bignon, un érudit, et fréquente un autre érudit, Pierre et Jacques Dupuis. Il effectue un riche mariage en 1656 avec la fille du prévot des marchands dont le père appartient au milieu des fermiers généraux.

II. Un homme de pouvoir?

En 1652, Claude le Peletier est nommé conseillier au Parlement de Paris, avant de devenir Président.
En 1660, il reçoit la tutelle des filles de Gaston d'Orléans. L'aînée épouse le Grand Duc de Toscane grâce aux négociations de Claude le Peletier. La cadette épouse le Duc de Guise par amour.
En 1668, il devient prévot des marchands et est reélu quatre fois d'affilé. Il fait effectuer des travaux d'aménagement, notamment les grands boulevards suite à la destruction des remparts: la porte Saint Denis et la porte Saint Martin, l'aménagement du quai de la place de Grève. Il supervise l'éclairage de Paris grâce à 5 000 lampes.
Il devient conseillier d'Etat. A la mort de Colbert en 1683, le clan Le Tellier pousse Claude le Peletier vers le contrôle général. On aurait dit à Louis XIV qu’il n’était pas propre pour cette place parce qu’il n’était pas assez dur, lequel répondit "C’est pour cela que je le choisis". Claude le Peltier est déçu par les expédients auxquels il faut avoir recours et aurait aimé avoir un souverain un peu moins dépensié. Il démissionne en 1689 et devient ministre d'Etat. Mais il s'éloigne de plus en plus de la cour. Il revient voir Louis XIV une fois par an jusqu'à sa mort en 1711, même s'il désavoue secrètement sa politique.

III. Mécénat, puissance et postérité

Claude le Peletier se constitue un important domaine à Villeneuve-Leroy. Il achète d'abord un maison, puis une seigneurie qu'il rachète à Guillaume du Vair, ancien chancelier.
Passioné de peintre, il devient le mécène de Sébastien Bourbon, disciple de Poussin. Il possède une très riche bibliothèque, en faisant racheté des bibliothèques d'érudits. Il est notamment proche de Gainière, un érudit qui passe sa vie à traverser la France et à reproduire des chartes et des monuments et de Bignon. Il est très lié au milieu dévot, c'est un ami des jansénistes et des jésuites.
Il est à la tête d'une importante famille: il a eu six filles, dont quatre sont devenus religieuses et un fils qui a été victime d'un accident. Claude est le neveu de le Peletier des Forts, ministre sous Louis XV. Son beau-frère, Fleuriot d'Armenoville, fut aussi ministre de Louis XV. Son arrière-grand-père, Pierre Pitou, est l'auteur de la Satyre Ménipée qui mettait en avant le courant des Politiques durant les guerres de religion. C'est un ancêtre d'Alexis de Toqueville et de le Peletier de Saint Fargeaux, assassiné après le vote de la mort de Louis XVI.

25 novembre 2006

Antoine Furetière ( 1619 - 1688 )


Ecrivain français, ecclésiastique et grammairien.

I. Sa formation

Né dans une famille de la petite bourgeoisie parisienne, Antoine Furetière effectue d’excellentes études au cours desquelles il acquiert une très bonne connaissance de l’Antiquité, assimilant même les premiers rudiments de quelques langues orientales. Il se destine de prime abord à une carrière dans le droit. Il est reçu au barreau de Paris en 1645 et s'achète une charge de procureur fiscal auprès de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, ce qui le conduit rapidement à vouloir entrer dans les ordres. En 1662, il est nommé abbé de Chalivoy, dans le diocèse de Bourges et prieur de Pruines et cumule de nombreux bénéfices. Il fréquente les cercles d'écrivains comme les amis de La Fontaine, les frères Boileau ou Maucroix. Il s'intéresse donc à la littérature et publie des romans, des fables et des poésies, ce qui lui vaut l'attention de l'Académie française, dont il est élu membre en 1662. Dès 1649 il commence à écrire des pièces comiques et publie l'Enéide travestie - une parodie -, puis l'Histoire des derniers troubles arrivés au royaume d'éloquence et le Voyage de Mercure (1659). A l'Académie, il s'oppose à un groupe autour de Jean Chapelin, qui est chargé de répartir l'argent entre les différents membres.

II. Les oeuvres

C'est un auteur burelesque, dans la veine de Scarron. Il s'en prend aux financiers, aux hommes de guerre, aux athées, ... En 1666, il publie le Roman Bourgeois. Il s'agit d'un roman réaliste, d'une satire de la société des précieuses, notamment du monde des avocats et des procureurs du quartier Maubert à Paris. On y relève par exemple un passage célèbre où il présente un Tarif ou Évaluation des partis sortables pour faire facilement les mariages constitué de deux colonnes, la première réservée aux divers montants possibles de la dot d’une jeune fille, et la seconde correspondant au type de mari auquel elle peut prétendre en fonction de ladite dot. Il énumère également les défauts, travers et tics de cette société et leur reproche particulièrement leur naïveté, la pédanterie dont ils font preuve. Le roman est écrit dans le style d'une discussion.

III. Le dictionnaire

Il est impliqué dans la rédaction du dictionnaire de l'Académie française, mais il est irrité de la médiocrité de ses collègues. Il décide donc de publier son propre dictionnaire. Il s'intéresse tout particulièrement au vocabulaire des métiers, de la marine, ... Ses définitions sont courtes et précises. Il utilise l'ordre alphabétique pour classer son dictionnaire, alors que l'Académie décide de classer le sien en faisant des groupes de mots.
Mais l'Académie l'accuse de plagia et entame un procès contre Antoine Furtière au cours duquel se dernier meurt. Il est exclu de l'Académie en janvier 1685 mais le roi n'autorise son remplacement qu'après sa mort. Le Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois, tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts parait de façon pasthume en 1690, alors que celui de l'Académie paraît quelques années plus tard en 1694. Les deux volumes initiaux de la première édition d'Antoine Furetière paraissent à Amsterdam, préfacés par Pierre Bayle. Le dictionnaire de Furetière est une véritable mine de renseignements en ce qui concerne le vocabulaire de l'Ancien Régime pour les historiens. Il est aussi très utile pour l’étude des mœurs, des coutumes et de la vie privée au XVIIème siècle.

21 novembre 2006

Philippe Champaigne ( 1602 - 1674 )

Célèbre portraististe du XVIIème siècle, peintre de cour pro-janséniste.

I. Un peintre de cour

Philippe Champaigne est né à Bruxelles en 1602. Il étudie la peinture avec des peintres flamands. Il est notamment formé avec un paysagiste, Jacques Fouquière.
Il s'installe à Paris en 1621 où il retrouve Georges Lallemend et Nicolas Duchesnes. Il rencontre Nicolas Poussin et travaille avec lui en 1624.
Il travaille entre autre au palais du Luxembourg antre 1625 et 1627 pour Marie de Médicis. En 1627, il retourne à Bruxelles. Mais dès 1628, il revient en France. Il épouse la fille de Nicoals Duchesnes et reçoit des lettres de naturalisation. Il devient aussi l'objet du mécénat de Marie de Médicis en devenant valet de chambre du roi.
Des institutions religieuses font aussi appelle à lui comme le Carmel. Il se révèle un excellent portraististe et travaille notament pour Richelieu. C'est l'année 1635 qui marque le début de ses relations avec le cardinal, il décore la galerie des hommes illustres du Palais Cardinal, partageant tout de même la commande avec Simon Vouet. En 1638, il travaille pour le roi: Louis XIII remettant le royaume à la vierge. Ce tableau est beaucoup reproduit à l'époque. Il continue à peindre pour Anne d'Autriche, notamment dans son appartement au Val de Grâce. Entre 1643 et 1651, il peint une cinquantaine de portraits: Omer Talo, Colbert, des cardianux, des évêques, ...
Il joue un grand rôle dans la création de l'Académie de peinture et de sculpture en 1648. La monarchie la prend ensuite en main et impose ses règles. A l'origine, le métier de peintre était un métier juré autour de l'Académie de Saint Luc. Une rivalité perdurera jusqu'à la Récolution française entre les deux académies. L'Académie royale est remaniée par Le Brun. La plupart de ses peintures représentant des scènes religieuses se retrouvent aujourd'hui au Louvre.

II. Le peintre de Port Royal.

Philippe de Champaigne a commencé par formé son fils à son art mais ce dernier est mort précocement. Il continue alors en formant son neveu: Jean Baptiste Champaigne. Une de ses filles est amenée à rentrer au couvent de Port Royal: Catherine de Sainte Suzanne. Le début de ses relations avec le couvent date de 1643. Il fait alors le portrait de religieuses, notamment la famille Arnauld. Un miracle à lieu, la fille de Philippe de Champaigne, qui était presque handicapée se remet à marcher: ex-voto de 1662. Il donne à Barcos, le neveu du fondateur de Port Royal, les pélerins d'Emaüs.
Mais Philippe Champaigne accepte aussi des commandes des jésuites: l'Anonciation, les Ames du Purgatoire, ... et même pour les Protestants. Après 1651, Philippe Champaigne connaît une petite éclipse devant Charles Lebrun. Mais il continue ses portraits: le président Lamoignon, Séguier ou Arnauld d'Andilly. Il soutient son neveu qui devient membre puis professeur à l'Académie.
Sa dernière grande réalisation est l'église Saint Gervais-Saint Protais où il représente la vie des martyrs.

III. Les apports artistiques

Philippe Champaigne a continué une tradition flamande selon Rubens et Van Dyck, alors que la France est dominée par l'influence italienne.
Une de ses innovations est l'insistance sur le modellé des habits dans les portraits: inspiré de la sculpture. Une autre nouveauté est que le personnage pose la main sur le cadre du tableau comme s'il était à une fenêtre, certains disent qu'il s'agirait d'un message d'outre-tombe.
Il rejette les éléments baroques trop chargés après sa découverte de Port Royal, notamment les rayonnements, les poutis, ... Après les années 1650, il fait de plus en plus appelle à la raison face aux entiments mais ne renonce pas à la dramatisation.
Les portraits sont toujours très personnel avec des couleurs sobre, notamment du gris.

20 novembre 2006

François Mansart ( 1598 - 1666 )


Concepteur du classicisme, architecte qui a laissé son nom à un style architectural: le toit à mansard (ou mansarde)

I. Vie et origine

François Mansart est né en 1598 à Paris dans un milieu d'artistes du bâtiment. Son père, Absalon Mansart était maître-charpentier, et de Michelle Le Roy, était elle-même issue d'une famille de maîtres maçons, il est le sixième des sept enfants de sa famille. Son grand-père était maître-maçon, mais il n'y a aucun architecte dans sa famille. Au contraire, Salomon de Brosse, Lemercier et Androuet du Cerceau sont fils d'architecte.
François Mansart perd son père très tôt, il est formé par son beau-frère Germain Gaultier, un sculpteur et aussi architecte de la ville de Rennes. Sa mère se remarie en 1611 avec Denis Adam, un boulanger. François Mansart sillonne la France et passe notamment à Orléans, Aix en Provence et Rennes. Il est très impressionné par le chantier du parlement de Bretagne à Rennes par Salomon de Brosse. Il est aussi appelé auprès d'un oncle Marcel Le Roy, maître-voyer, et observe entre autres des chantiers de ponts.
François Mansart devient ensuite architecte et réalise notamment la première version de l'Eglise des Feuillants dans le faubourg Saint Honoré à Paris ce qui lui vaut un " brevet d'architecte du Roi pour le service de ses bâtiments "

II. Les réalisations

Les commandes de François Mansart participe de deux principaux réseaux :
  • les Brûlart ( chanceliers entre 1607 et 1724 ) et à leur suite le milieu des officiers de la couronne (dont le garde des sceaux Charles de l'Aubépine, la Vrillère, Longueil et Guénégaud)
  • le réseau de Gaston d'Orléans avec le réaménagement du château de Blois, son chancelier, Jean de Choisy avec le château de Balleroy en Normandie.
François Mansart n'a eu que peu de commandes de Louis XIII et du cardinal de Richelieu. Mais Anne d'Autriche, Mazarin et Colbert ont réalisé des commandes mais elles n'ont pas vraiment aboutit comme pour le Val de Grâce où il est déssaisit du projet à cause de son mauvais caractère. Pour Colbert, il a réalisé un projet pour le Louvre mais ce dernier attendait un projet arrêté et reproche à François Mansart sa trop grande souplesse. Pour Saint Denis, un projet de chapelle pour les Bourbons est réalisée mais il ne vera jamais le jour.
Ses plus belles oeuvres:
  • l'Eglise de la visitation rue Saint Antoine à Paris
  • le château de Balleroy en Normandie
  • le château de Blois et en particulier l'aile pour Gaston d'Orléans
  • la façade de l'hôtel Carnavalet à Paris à la demande de Claude Boylesve, intendant des finances
  • l'hôtel La Vrillère (la Banque de France) construit pour Louis Phélypeaux, Marquis de La Vrillière, Secrétaire d'Etat
  • le château de Maisons pour Longueil considéré comme le chef-d'oeuvre de François Mansart
D'autres oeuvres ont disparue dont:
  • le château de Berny où il remplace Clément Métezeau sur un projet de reconstruction partielle et de rénovation
  • le château de Fresnes
III. Influence et importance

Pierre Lescaux et Salomon de Brosse ont inspiré François Mansart. Au départ, il prône un clacissisme très rigoureux avec symétrie et équilibre. Avec l'âge, il n'hésite pas a être plus libre dans son plan mais à l'intérieur des bâtiments, il garde un clacissisme rigoureux.
C'est un des introducteurs du dôme, alors qu'il s'agit normalement d'un attribut plutôt baroque. Son modèle est l'architecte italien Paladio.
Il a su manier la rigueur et la richesse, les règles et la flexibilité, il a su éliminer les détails superflus. Il insiste beaucoup sur les pavillons centraux. Grâce à l'utilisation de colonnes, de terrasses, de frontons, éléments simples, il obtient une harmonie.
Son petit neveu, Jules Hardouin, prend plus tard son nom Mansart et continue son oeuvre.

17 novembre 2006

Blaise Pascal ( 1623 - 1662 )


Génie universel par excellence, grand homme de sciences et philosophe.

I. Un génie précoce

Né à Clermont, en Auvergne le 19 juin 1623, Blaise Pascal est le seul fils d'Antoinette Begon, morte alors qu'il n'a que trois ans, et d'Etienne Pascal. La famille de Blaise Pascal appartient au milieu des finances. Son grand père est receveur du taillon puis trésorier de France, charge grâce à laquelle il est anoblit. Son père devient président de la cour des Aides de Montferrant. Comme sa mère meurt très jeune, c'est donc à son père de se charger de son éducation. En 1631, son père renonce à ses ambitions familiales en vendant sa charge et ens'installant à Paris. Il se passionne pour les débats scientifiques et participe au salon de Marin Mersenne qui correspond avec des scientifiques de toute l'Europe. Blaise Pascal y participe aussi très tôt.
Il affirme avoir écrit un traité des sons dès 11 ans. A 12 ans, il est intégré au groupe de savants qui participe aux salons de Marin Mersenne. Il apprend très tôt la pensée de Descartes mais est gêné par son manque de démonstration. En 1639, il publie un essai sur les coniques où il invente la géométrie projective.
Son père est chargé par Richelieu de rétablir l'ordre en Normandie suite à la révolte des Nus-Pieds. Blaise Pascal est chargé de la levée des impôts et il s'interesse alors à la mise en pratique des mathématiques. Il invente une machine à calculer afin d'aider ceux qui lèvent les impôts. Il se lance dans les questions du vide et renouvelle des expériences faites par Toricelli à la tour Saint Jacques à Paris et à Clermont-Ferrand

II. Un génie confirmé

Il essaie de mesurer la pression atmosphériques à travers:
  • Traité du vide
  • Traité de l'équilibre des liqueurs
  • Traité de la pesanteur d'air
Il se passionne pour l'assèchement des marais, notamment dans le Poitou. A partir de 1650, il effectue des recherches plus théorique sur les probabilités, il voulait pouvoir évaluer les risques afin de les maîtriser. Il se lance alors dans une correspondance avec Pierre Fermat et s'interesse à la récurrence (le triangle de Pascal). En 1657, Huyghens rédige un manuel de probabilité inspiré par Pascal. Il définit le calcul intégral.
La recherhce mathématiques est sa passion de toute sa vie.

III. Le philosophe mystique

Blaise Pascla a très tôt un état d'esprit favorable au jansénisme. Il a le goût de l'effort et est méfiant face à un monde qu'il pense corrompu. Deux de ses soeurs entrent au couvent. Lui-même s'y intéresse mais reste dans un courant mondain jusqu'en 1654. A cette date, une crise mystique se produit.
Il rédige alors des ouvrages de polémique au service des jansénistes mais sans grand talent. Dans les Provinciales, il fait parler des jésuites dans des lettres. Il montre les excès des jésuites et apparaît de façon anonyme et clandestine. Le succès est énorme. Il parvient à délacer le terrain des affrontements avec les jésuites sur des questions plus théologique et surtout sur la question de la morale.
Il doit s'incliner lorsque le pape condamne le jansénisme. Sa propre nièce est concernée par un miracle: alors qu'elle est quasiment aveugle, elle retrouve la vue. La fin de sa vie est consacré à une apologie de la religion catholique rédigée sous forme de feuillets. C'est une oeuvre inachevée qui est publié en 1668, mais c'est une édition assez fautive, peu conforme à sa vision. Au XXème siècle, une édition est refaite de cet ouvrage selon ses idées.
Il meurt après de grandes souffrances en 1662.

Saint Vincent de Paul ( 1581 - 1660 )


Homme qui est au coeur du réveil religieux du XVIIème siècle.

I. Les protections

Vincent de Paul est le fils d'un paysan mais il a déja un oncle curé donc il est originaire d'une famille de paysan aisé. Il nait au village de Pouy, près de Dax en 1581. L'enfant est très jeune destiné à succéder à son oncle. Il fait donc des études de théologie notamment chez les Dominicains avant d'entrer à la faculté de théologie. Il est prêtre dès 20 ans alors que cela avait été interdit par le concile de Trente, il faut avoir un minimum de 25 ans. Mais il est protégé par l'évêque de Dax.
Les quelques années qui suivent sont obscures: Vincent de Paul aurait été kidnappé par des barbaresques entre 1605 et 1607 mais il s'enfuit et rejoint Rome. Il est alors chargé par le pape d'une mission secrète diplomatique à Avignon. Il rencontre Pierre Bérulle qui essaie de doter la France de bons prêtres et qui va le protéger à Paris. Cette protection lui permet de devenir aumônier de la reine Margot. Il devient alors curé de Clichy, une paroisse réputée difficile. Il est mis en contact avec la famille Gondi, devenu dévot. Vincent de Paul devient ainsi le précepteur des enfants de Philippe Emmanuel et reçoit des missions de plus en plus importante sur le domaine des Gondi.
Il devient ensuite curé de Châtillon sur Chalaronne, une des plus pauvres paroisse du royaume. Il devient aussi aumônier des galériens. Il rencontre les plus hauts dirrigeants de la contre-réforme catholique: François de Sales, André Duval (professeur à la Sorbonne), Duvergier de Mauranne (fondateur du jansénisme) ou se lie à la famille des Marillac, mais n'a jamais été inquiété par Mazarin.
Son origine sociale l'empêchait de jouer un rôle politique important.

II. Ses méthodes et ses réalisations

Vincent de Paul a créé des compagnies de charité, sorte d'association et à associé des laïcs à ses projets. Il voulait développer l'entraide entre les paroissiens parce que selon lui les pauvres doivent d'abord être nourrit: il est influencé en cela par le modèle protestant. La compagnie de charité créé à Châtillon sur Chalaronne est vite présenté comme un modèle. Les femmes y ont joué un rôle primordial ce qui est original pour l'époque.
Il essaie toute sa vie de diminuer la rudesse des galères. Il créé ainsi l'hôpital des galères à Marseille.
Vincent de Paul se lance dans l'évangélisation des campagnes. En 1625, il créé la société des prêtres de la mission afin de pouvoir donner des conseils aux prêtres. En 1632, il est installé dans le prieuré de Saint Lazare d'où leur nom de lazaristes.
Avec l'aide de Louise de Marillac, il créé les filles de la charité qui sont chargés d'aider les Dames de la charité de la haute société en 1633. Les filles de la charité sont des sortes d'infirmières qui visitent les malades.

III. Le saint

Vincent de Paul est canonisé en 1737. Il a exercé un magistère moral énorme et a été très connu de son temps. Les lazaristes ont été très efficace et sont régulièrement appelé pour réformer des diocèses. En 1633, il a organisé les conférences du Mardi: des sermonts de Vincent de Paul devant les dévots et souvent devant de jeunes prêtres dont Bossuet, le frère de Fouquet, Antoine Godeau, Nicolas Pavillon qui deviennent évêques par la suite.
La période de la Fronde est difficle pour les paysans. Vincent de Paul se donne pour mission d'adoucir les méfaits des gens de guerre en distribuant notamment des aumônes.
En 1643, il devient membre du conseil de conscience et meurt en 1660.

16 novembre 2006

Les dévots dans la France Moderne

Il s'agit d'une nouvelle forme d'engagement chrétien dans le cadre de la Réforme catholique au XVIIème siècle. Cet engagement refuse de dissocier la religion et la vie ordinaire: des laïcs sont donc touchés. Son activité s'inscrit dans le cadre de l'existance du protestantisme (avec la tolérance civile), du gallicanisme et de la tutelle royale que le roi a sur son clergé et qui résulte de la situation particulière du royaume de France.

Comment les dévots arrivent-ils à réliser leur ambition de rendre la société française plus catholique?

I. Un nouvel engagement chrétien

1. Naissance d'un modèle

Au début du XVIIème siècle, François de Sales publie son Introduction à la vie dévote. Il y explique qu'on n'est pas obligé de renoncer aux activités de la vie civile, qu'on peut concilier la religion et la vie civile. Il répond à l'influence du protestantisme qui instaure une sorte de concurence entre catholicisme et protestantisme.
Les dévots observent une discipline spirituelle stricte: des confessions fréquentes, des mortifications (avec le cilice), la lecture de livres de piété, le choix d'un directeur spirituel, des prières régulières, ...
François de Sales: "ceux qui sont simplement gens de biens cheminent vers la voie de Dieu, ceux qui sont dévot courent, s'ils sont bien dévots, ils volent"
Les dévots pratiquent moins les prières d'intercession, sauf en ce qui concerne la piété mariale. Les prières liées au thème de la Vierge: autour de l'Annonciation, de l'Immaculée conception, ... Ils développent le cycle du rosaire, prière collective sous influence des Dominicains, soutenu par le chapelet. Les dévots encouragent les dévotions christologiques: culte du Saint Sacrement, autour de la confrérie du même nom, dévotion au Sacré-Coeur, culte de l'enfant Jésus développé par Pierre Bérulle.

2. De la régénération individuelle à celle de la société

Il y a un certain paradoxe chez les dévots, d'un côté ils cultivent la sollitude et d'un autre ils développent un discours très dur face à la société. Mais ils essaient aussi d'agir par différents moyens:
  • les oeuvres de charité qui deviennent une manière de sauver son âme et de changer la société
  • organisation de bonnes oeuvres entre 1630 et 1670; celle de Vincent de Paul à Châtillon sur Chalaronne devient un modèle à partir de 1617
Cela permet un meilleur contrôle de la société. Les dévôts veulent construire une société plus chrétienne avec des tensions sociales moins fortes.

3. Un soutien à la réforme catholique

Les dévots veulent soutenir la réforme catholique en apportant leur aide aux ordres réformés. Entre autres, Madame Acarie favorise l'implantation du carmel en France, alors que Pierre Bérulle fonde l'Oratoire. Entre 1598 et 1661, cinquante-cinq nouveaux monastères ouvrent à Paris.
Ils encouragent aussi la création de confréries, notamment de confréries de métiers, avec l'organisation de processions, de prières et d'oeuvres de charité. A l'échelle de tout le royaume, ils fondent la compagnie du Saint Sacrement.

II. Le parti dévot

1. Un programme cohérent

Leur programme est simple et clair: la défense systématique du catholicisme qui peut parfois aller jusqu'à l'opposition de la monarchie. L'origine de ce parti remonte en partie à la Ligue, alors que Paris était aux mains des Ligueurs dans un climat de passions religieuses, notamment autour de Madame Acarie et Michel de Marillac. Il descend aussi en partie du courant qu'avait soutenu les Politiques, autour du père Joseph, de Saint Cyran et de Pierre Bérulle.
Leur modèle à partir des années 1620, la Bohème, terre de reconquête catholique: leur priorité étant de faire refluer le protestantisme dans toute l'Europe. Ils sont horrifiés par les conflits et les combats entre catholiques, notamment par la guerre entre la Mère et le Fils (Marie de Médicis et Louis XIII) et par la guerre contre les Habsbourg. Ils sont en règle générale en accord avec le pape et donc plutôt ultramontain.
Au XVIIIème siècle, ils développent un combat contre l'impiété.

2. Le rôle politique

A la fin de la vie d'Henri IV, les dévots s'opposent à sa politique. Ils luttent aussi contre la politique de Richelieu. En 1627, ils créent la Compagnie du Saint Sacrement. En 1630, après la journée des dupes, ils sont éloignés du pouvoir. Une cabale est organisé contre Richelieu: la conjuration de Cinq-Mars.
L'agitation irrite le jeune Louis XIV qui supprime la Compagnie du Saint Sacrement après l'affaire autour du Tartuffe de Molière en 1666. A ce moment, les dévots semblent brisé et pourtant, progressivement, le roi se met à agir comme ils le voulaient.

3. les dévots au XVIIIème siècle

Au début du XVIIIème siècle, les dévots reprennent de l'importance à la cour avec les confesseurs jésuites tels que le père La Chaise ou le père Le Tellier. Leur influence est particulièrement forte à l'époque de Fleury. Un groupe organisé autour du Dauphin et de la Reine sous Louis XV défend les jésuites.
Les dévots participent à la naissance des Anti-Lumières avec Berger et Moreau (le précepteur des enfants de Louis XV). Les pratiques de dévotion se développent dans les campagnes autour de différentes confréries, alors que l'élite urbaine est beaucoup moins dévote: à la campagne, la dévotion est beaucoup plus sentimentale qu'en ville.

III. Les remises en cause du courant dévot.

1. Les divisions des dévots

Au XVIIème siècle, un nouveau courant naît: le jansénisme qui s'oppose bientôt aux jésuites.
Les dévots ultramontains s'opposent aussi aux gallicans.
Ces divisions fragilisent leur influence et permet à leurs opposants de trouver des arguments.

2. L'opposition des Lumières

Une tradition anti-dévot apparait bientôt: les libertins spiritualistes mais le véritable anti-cléricalisme nait avec Voltaire.
La charité change de nature avec la naissance de la philantropie: la charité est prônée en soi et non plus pour son Salut.

3. La Révolution Française

Durant la Révolution Française, une nouvelle forme de dévotion apparaît en France. Une résistance à la déchristanisation se développe dans certaines campagnes. Au début du XIXème siècle, se produit un grand réveil avec une religion beaucoup plus sentimentale suite au Génie du christianisme de Chateaubriand.


Même si le parti dévot est au final un échec, il y a eu d'indiscutables progrès:
  • la tolérance face aux protestants a été remis en cause
  • ils ont été à l'origine d'un véritable réveil religieux
Ils ont été une menace pour l'esprit classique qui prônait la rationalité et qui est donc devenu un contre-courant au parti dévot.

Antoine de Montchrestien, sieur de Vasteville (1576 - 1621)

Homme baroque du XVIIème siècle et père de l'économie moderne.

I. L'aventurier.

Né en 1575 à Falèse, fils d'un apothicaire, il est très jeune orphelin. Il est recueilli et élevé par un noble. Il se convertit au protestantisme.
En 1604, sa vie prend un tour totalement différent, lorsqu’il tue en duel près de Bayeux, le fils du sieur de Grichy-Moinnes. Il demande au roi Henri IV, la faveur d’aller se battre à l’armée au lieu de périr sur l’échafaud, mais doit néanmoins s’exiler en Angleterre. Jacques Ier l’accueille avec joie et écrit même à Henri IV pour solliciter sa grâce. Il revient fianlement en France au bout de quelques années. C'est un homme changé qui délaisse la poésie pour se consacrer à d’autres activités telles que la traduction des Psaumes en vers ou une rédaction de l’histoire de la Normandie.
Il devient gouverneur de Châtillon sur Loire. C’est avec le ferment de révolte agitant les Protestants après la première assemblée de Loudun en 1619, puis l’assemblée de La Rochelle que la vie de Montchrestien prend à nouveau un tour radical qui lui sera fatal. Il quitte Châtillon avec ses hommes pour se jeter dans la révolte. Il prend Jargeau, qu’il doit quitter avant de rejoindre la province de sa naissance, où il entreprend de tenter de soulever les Huguenots de Basse-Normandie. Surpris le 7 octobre 1621 à l’hôtellerie des Tourailles, il est tué par Jean Turgot (l’ancêtre du ministre de Louis XVI). Son cadavre est traîné sur la claie avant d’être brûlé et ses cendres jetées au vent à Domfront.

II. Le dramaturge

Dès l'âge de vingt ans, il écrit des pièces de théâtre: sur les sept pièces qu'il écrit, cinq sont des tragédies. Sa première tragédie, Sophonisbe en 1596, suscite l’intérêt de Malherbe, Antoine de Montchrestien en fait alors une seconde version conforme aux principes de Malherbe, qu’il publie en 1601 sous le titre de La Carthaginoise. Il publie ensuite Les Lacènes puis David ou l'adultère et Aman ou la vérité. Il compose également une pastorale en prose intitulé Bergerie et un poème Suzanne. Sa pièce la plus célèbre, mais aussi la dernière tragédie, est Hector. Ce dernier veut combattre les Grecs malgré un rêve prémonitoire, Antoine de Montchrstien insiste sur le fait qu'on ne peut pas résister à son destin.
Ses pièces sont, au contraire de sa vie, assez stable et psychologique. Il est essentiellement inspiré par les Saintes Ecritures.

III. L'économiste

Ce n'est pas seulement un théoricien, il a voulu mettre ses idées en place et a même créé une aciérie, produisant des couteaux, des lancettes et autres instruments d’acier. Vers 1619, il s’occupe aussi de commerce maritime et de colonisation.
En 1615, à son retour d'Angleterre, il écrit un traicté de l'oeconomie politique dans lequel il reprend les idées de Barthélémy de Lafemas et les résume. Cet ouvrage divisé en quatre parties – des manufactures, du commerce, de la navigation et des soins du prince. Il est représentatif des thèses mercantilistes qui se développent au XVIIe siècle:
  • Pour accroître la richesse de la nation, il fait l’apologie du travail ainsi que, fait nouveau, de l’industrie et du commerce à côté de l’agriculture.
  • Il s’agit toujours d’enrichir l’État, mais par le développement industriel. L’État doit donner l’exemple en créant de grandes activités telles que des manufactures.
  • Il prône également l’intervention de l’État pour réglementer les professions, créer des manufactures et élaborer une politique douanière qui défende les intérêts du pays.
  • Il préconise la concurrence comme stimulant nécessaire à l’industrie.
Antoine de Montchrestien est protectionniste pour les denrées produites en quantité suffisante tandis qu’il est favorable au libre-échange pour celles dont manquent un pays à condition que celui-ci travaille suffisamment pour pouvoir se les payer.