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05 février 2007

Pierre de L'Estoile ( 1546 - 1611 )

Il s'agit d'un humaniste dont le journal est l'une des principales sources de notre connaissance de la vie de Paris au XVIème siècle.

I. Sa vie.

Pierre de l'Estoile est le petit fils d'un garde des sceaux et le neveu d'un chancellier par la famille de sa mère - les Monthollon. C'est également le petit fils de Pierre de L'Estoile, professeur de droit qui avait eu Calvin comme élève. Parmi ses cousins on trouve des de Thou, des Séguier et des Molé. Il reçoit une éducation humaniste et a comme maître Mathieu Béroald - ce derneir a aussi eu Agrippa d'Aubigné comme élève. En 1569, il achète une charge d'audiencier à la chancellerie. Il exerce sa fonction jusqu'en 1601, date à laquelle il la vend mais ne tarde pas à le regretter. Il épouse la fille d'un trésorier de l'Epargne. Mais sa femme meurt et quelques années plus tard, il épouse une seconde femme.

II. Son journal.

A partir de 1574, il créé son journal. Il s'agit d'un recueil de pamphlets et de libelles: c'est un ensemble composite. Il est rapidement connu pour son journal à Paris et il a beaucoup de correspondants qui lui envoie des documents. Son journal devient un véritable recueil de l'actualité auquel il ah-joute des avis personnels. Il est en correspondance avec d'autres humanistes: les frères Dupuis, ... Ce journal est le reflet de la vie politique et religieuse de Paris. Il couvre les règnes d'Henri III et d'Henri IV et il est de plus en plus complet notamment au temps de la Ligue.
Son journal n'était pas destiné par son auteur a être publié mais il est publié posthume en 1621.

III. Ses idées.

Cest un conservateur qui est horrifié par l'hérésie. Il est angoissé par les nouvelles formes de piété qu'organisent les Ligueurs (les processions, le culte de la Vierge, l'influence des Jésuites, ...) Il est représentatif des milieux parlementaires galicans. C'est un politique.
Il est choqué par le caractère frivole de la cour d'Henri IV: la cour est plus rustre, plus militaire et totalement opposé à la cour des derniers Valois.
Il a souffert de la Ligue, il a notamment été arrêté et sa femme a été inquiété. Son fils a rejoint les Ligueurs et est mort durant la guerre contre les Espagnols. Son autre fils Claude de L'Estoile est devenu poète et fait parti du groupe des illustres bergers. Il reçoit noatmment des commandes de la cour et anime des ballets.

03 décembre 2006

Albrecht Dürer ( 1470 - 1528 )


Peintre et graveur allemand qui utilise les mathématiques pour perfectionner ses oeuvres.

I. Sa formation

Albrecht Dürer est né le 21 mai 1471 à Nüremberg. Il est le troisième enfant d'Albrecht Dürer l'ancien, orfèvre originaire de Hongrie et arrivé à Nüremberg en 1455. Selon la tradition familiale, Albrecht est également destiné au métier d'orfèvre. Il devient donc apprenti et apprend à se servir du burin et de la pointe. Voyant les dons de son fils pour le dessin, son père lui donne la permission d'entrer dans l'atelier d'un peintre.
Ainsi en 1486, il devient l'apprenti de Michael Wolgemut, avec qui il apprend à manier la plume et le pinceau, à copier et dessiner d'après nature, à réaliser des paysages à la gouache et à l'aquarelle et également à peindre à l'huile. Il se familiarise aussi avec la technique de gravure sur bois. Il est très influencé par Martin Schongauer. En 1491, il entreprend un voyage à Colmar pour rendre visite à l'artiste, mais celui-ci meurt le 2 février 1491 alors qu'Albrecht est encore en route. Il n'arrivera à Colmar qu'en 1492. En 1494, il rentre à Nuremberg pour se marier avec Agnes Frey, selon le désir des deux familles. Après avoir effectué son tour de compagnon à travers la France et l'Allemagne, il séjourne à deux reprises à Venise, en 1494 puis en 1505. Ce séjour le marque profondément.

II. Ses oeuvres

On lui fait alors la commande d'un retable pour l'autel de Notre-Dame dans l'église de la colonie allemande à San Bartolommeo. En 1507, Dürer rentre à Nuremberg et entreprend d'étudier les langues et les mathématiques. En 1512, il reçoit une pension de l'empereur Maximilien de Habsbourg avec titres de noblesse en devenant le peintre de la cour. Il en fait le portrait. À sa mort, il entre au service de Charles Quint. En 1526, il peint Les quatre apôtres. Il écrit des livres parmi lesquels Les Règles de la Peinture ou le Traité des proportions du corps humain publié en 1525 et traduit par Loys Meigret en 1557. Il illustre plusieurs ouvrages, tels que l'Arc triomphal et le Char triomphal de Maximilien, la Passion de Jésus Christ, l'Apocalypse, l'Histoire de la vierge Marie et La nef des fous. Il a eu notamment Barthel Beham, Hans Süss von Kulmbach, Hans Baldung comme élèves. Il a probablement réalisé une des premières gravures sur bois. Les suites de gravure qui ont fait sa renommée sont deux séries de gravures sur bois:
  • une Petite Passion composée de 37 gravures et une Grande Passion de 15 gravures plus une feuille de titre
  • une Passion gravée sur cuivre de 16 feuilles
  • une Vie de Marie de 19 gravures et une feuille de titre
  • son Apocalypse rassemblant 15 gravures plus une feuille de titre.
Son jeune frère Hans Dürer est peintre à la cour de Sigismund I.

III. L'utilisation des mathématiques

Déjà artiste accompli, Dürer se rend en Italie en 1494 et rencontre Jacopo de Barbari qui l'initie au rôle des mathématiques dans les proportions et la perspective. Dürer se plonge alors dans les Éléments d'Euclide et le traité de Vitruve De architectura. Il s'instruit aussi dans les travaux d'Alberti et Pacioli. Il met en pratique ses nouvelles connaissances dans ses œuvres artistiques. Pour construire sa gravure Adam et Ève, il prépare son œuvre par un faisceau de droites et de cercles. Il analyse et développe la nouvelle théorie de la perspective notamment dans ses illustration pour La Vie de la vierge. Le goût d'Albrecht Dürer pour les mathématiques se retrouve dans la gravure Melancholia , tableau dans lequel il glisse un carré magique et un polyèdre constitué de deux triangles équilatéraux et six pentagones irréguliers. Il s'intéresse aussi aux proportions, notamment aux proportions du cheval et proportions du corps humain. Il commence à rassembler de la documentation pour rédiger un grand ouvrage sur les mathématiques et ses applications dans l'art. Ce mémoire ne paraitra jamais mais les matériaux rassemblés lui serviront pour ses autres traités. Son œuvre mathématique majeure reste les Instructions pour la mesure à la règle et au compas - Unterweisung der Messung mit dem Zirkel und Richtscheit -, qui développe en quatre livres les principales constructions géométriques comme la spirale d'Archimède, la spirale logarithmique, la conchoïde, l'épicycloïde, le limaçon de Pascal, des constructions approchées des polygones réguliers à 5, 7, 9, 11 ou 13 côtés et de la trisection de l'angle et de la quadrature du cercle, des constructions de solides géométriques (cylindre, solides de Platon..), une théorie de l'ombre et de la perspective. La géométrie descriptive, à l'origine de la morphométrie, nécessaire à la représentation des corps dans l'espace, initiée par Dürer sera reprise, deux siècles plus tard, par Gaspard Monge qui en fera un développement complet.
Albrecht Dürer est mort en 1528 dans sa ville natale.

Sébastien Brant ( 1458 - 1521 )


Humaniste et poète alsacien, auteur de la Nef des Fous.

I. Sa formation

Sébastien Brant est né à Strasbourg en 1458. Fils de Diebolt Brant aubergiste strasbourgeois au Lion d'or, il fait ses études universitaires à Bâle, où il réalise un doctorat de droit canon et civil en 1489. Plus tard, il y devient professeur de droit et de poésie et occupe par intermittence la fonction de doyen. C'est à Bâle qu'il édite d'anciens ouvrages de droit, des œuvres poétiques de Virgile, l'œuvre complète de Pétrarque et des traités de certains pères de l'Église. Il contribue ainsi à la naissance de l'humanisme bâlois.
En 1485, il épouse la bâloise Elisabeth Bürgis avec qui il a sept enfants. Souhaitant que son fils aîné, Onuphrius, devienne un humaniste, il lui apprend le latin au berceau et le fait immatriculer à l'université à ses sept ans.

II. La Narrenliteratur

En 1494, il crée un nouveau genre littéraire, celui de la Narrenliteratur, le genre bouffon, en publiant son œuvre majeure, La Nef des fous, critique de la faiblesse et de la folie de ses contemporains. C'est en février de cette année, durant la période du carnaval, la saison des fous, qu'il publie son oeuvre. Son succès est immédiat, au point qu'il est alors traduit en plusieurs langues . Il est notament traduit en latin en 1496 par Badius Ascensius et mis en rimes françaises par Pierre Rivière en 1497. La version française est éditée entre 1497 et 1499. La Nef des fous - Das Narrenschiff - est illustrée par Albrecht Dürer. Les gravures sur bois qui illustrent la nef des fous ont beaucoup contribué au succès de la satire. L'idée venait de Sébastien Brant qui voulait que les illettrés aussi puissent être édifiés et en tirer profit. Sur presque toutes, on voit un fou avec le bonnet traditionnel pourvu de grelots. C'est l'oeuvre populaire la plus souvent imprimée avant les Souffrances du jeune Werther de Goethe.
Les fous, ce sont les hommes affligés de vices qui ignorent que leur comportement contraire à la loi divine les voue à la perdition. Son livre veut être un "Miroir des Fous" où chacun pourra se reconnaître.

III. Le rôle de l'empereur dans l'Histoire

De retour à Strasbourg en 1500, Sébastien Brant sollicite à plusieurs reprises l'Empereur pour qu'il repousse les Turcs afin de préserver l'Occident. Mais lorsqu'il s'aperçoit que l'Empereur qu'il vénère, n'est pas à la hauteur de cette tâche, il écrit en 1504, dans une lettre à l'humaniste Konrad Peutinger d'Augsbourg, que la fonction impériale peut tout aussi bien être assumée par un autre peuple si les Allemands sont incapables de jouer le rôle qui leur a été assigné par l'Histoire. Dans le même esprit, il fit en 1492 l'éloge de Ferdinand le Catholique, vainqueur des Maures et unificateur de l'Espagne.
Il est nommé secrétaire de la ville de Strasbourg en 1503. Il meurt dans cette même ville en 1521.

Jean Pic de la Mirandole ( 1463 - 1494 )


Humaniste et philosophe

I. Sa formation

Jean Pic de la Mirandole est né dans une famille noble. Sa mère meurt alors qu'il est encore jeune et en fait l'héritier d'une fortune considérable. Il a ainsi le temps d'étudier et de voyager à sa guise, de consacrer sa vie au savoir. Il possède un don certain pour les études qui le mène notamment à Bologne où il étudie le droit canon, mais aussi dans les reste de l'Europe durant sept ans. Il s'initie au grec, au latin, à l'hébreu, à l'arabe et au syriaque. Il étudie la philosophie, le platonisisme avec son maître Marsilius Finicus, qui est en opposition avec Aristote et la scolastique de l'époque. Il se passionne pour la kabbale et le Talmud.

II. Le philosophe

Pour les philosophes d’aujourd’hui, Jean Pic de la Mirandole est celui qui a tourné le dos à la scolastique et a voulu réconcilier les contraires en réunissant le monde d'Aristote et celui des idées de Platon ou encore concilier sciences, philosophie et religion, ce qui lui valu d'être considéré comme hérétique par le pape. Jean Pic est le premier penseur extérieur au judaïsme à avoir introduit la kabbale dans les études philosophiques, notamment dans son Heptaple, consacré à l'interprétation kabbalistique des sept jours de la création publié en 1480. Il est à Rome en 1486 et se lance dans ses fameuses neuf cent thèses où il cherche à concilier platonisisme et religion. Mais treize d'entre eux sont reconnus hérétiques lors d'un procès en 1489.

III. La fin de sa vie

Jean Pic de la Mirandole jouit néanmoins de sa liberté et s'installe à Florence, invité par Laurent de Medicis. Il s'enflamme dans ces dernières années contres les astrologues et les juifs. II meurt le 17 novembre 1494, alors que le roi de France, Charles VIII, entre à Florence. Jean Pic de la Mirandole est mort, assisté en ses derniers instants par Jérôme Savonarole. Cette mort mystérieuse, emportant en moins de deux semaines un homme dans la force de l'âge, a fait croire à un empoisonnement dont le secrétaire de Jean Pic aurait été l'auteur.

Jean Pic de la Mirandole a profondémment marqué le mouvement humaniste. Il est considéré par certain comme l'homme le plus instruit de son temps.

Jérôme Savonarole ( 1452 - 1498 )


Prédicateur italien

I. Sa formation

Jérôme Savonarole ou Hieronymus Savonarole est né dans une famille de médecins de Ferare et entreprend lui aussi des études médicales et humanistes. Il commence ses études à l’Université de Ferrare, où il obtient un diplôme es Art. Son penchant anticlérical apparaît déjà dans un poème sur la destruction du monde intitulé De Ruina Mundi qu'il a écrit à 20 ans. C’est également à cette époque qu’il choisit sa voie spirituelle et son poème De Ruina Ecclesiai en 1475 montre son son mépris envers la Curie romaine, qu’il désigne comme "une putain fière et menteuse". Il prend alors des distances vis-à-vis d'une société qu'il juge trop cupide et décide d'entrer au couvent. Il commence sa carrière ecclésiastique à Bologne chez les dominicains, avant de prêcher dans diverses villes d'Italie et de devenir prieur du couvent de San Marco de Florence en 1491, où il connu un grand succès. Ses sermons prônent la repentance et le retour à une vie simple, voire austère, proche de l'évangile. Il critique surtout le luxe de la cour papale. Il accompagne ses sermons de prophéties qui se révèlent pour beaucoup d'entres elles exactes, comme l'arrivée prochaine d'un pape simoniaque, l'arrivée d'un Cyrus moderne ou sa propre perte sur un bûcher. En effet, en 1492 Alexandre VI Borgia est élu pape grâce à l'achat de voix des cardinaux et en 1494 le roi de France Charles VIII envahit l'Italie. Il est néanmoins très apprécié, tant auprès des plus illustres - il devient notamment le confesseur de Laurent de Médicis et de Pic de la Mirandole - que des plus humbles.

II. Le chef politique de Florence

Lorsqu'en 1494, les Médicis soutienent l'invasion de Charles VIII, Jérôme Savonarole encourage la révolte des Florentins contre leurs dirigeants. Pierre de Médicis s'exile alors que Jérôme Savonarole rencontre le roi de la France et fixe les conditions de la paix et évite le sac de la ville. Les Florentins sont autorisés par le roi de France à choisir leur propre mode de gouvernement: Jérôme Savonarole s'impose alors comme chef politique de la cité entre 1594 et 1598. Fort de ce pouvoir politique et religieux, il interdit les fêtes profanes, le jeu, les images dans les lieux de culte, il exige le port de costumes austères et surtout il organisa des bûchers où les Florentins étaient invités à venir brûler leurs effets personnels trop luxueux. En 1497, Jérôme Savonarole et ses disciples élèvent le bûcher des Vanités. De jeunes garçons sont envoyés de porte en porte pour collecter tous les objets liés à la corruption spirituelle : miroirs, cosmétiques, les images licencieuses, les livres non-religieux, les jeux, les robes les plus splendides, les livres de poètes jugés immoraux, comme les livres de Boccace et de Pétrarque. Ces objets sont brûlés sur un vaste bûcher de la Piazza della Signoria. Des chef-d’œuvres exceptionnels de l’art florentin de la Renaissance ont ainsi disparu dans le bûcher, y compris des peintures de Sandro Botticelli que l’artiste a apportées lui-même au bûcher. Cette volonté d'imposer l'austérité à la riche cité italienne divise ses habitants: une opposition nait contre Jérôme Savonarole. Lors du sermon de l’Ascension du 4 mai 1497, des bandes de jeunes déclenchent une émeute, qui se transforme en révolte : les tavernes rouvrent, les jeux reprennent publiquement.

III. Son opposition au pape Alexandre Borgia

Il prêche également de façon véhémente contre la corruption morale du clergé, ce qui en fait un des précurseurs de la Réforme protestante, bien qu’il soit resté catholique toute sa vie. Ses attaques, toujours plus virulentes contre le pape, lui valent d'être convoqué à Rome en 1495. Il ne s'y présente pas et continue ses sermons accusateurs. Il est alors excommunié en 1497 et le pape exige son arrestation. Il est accusé d’hérésie, de prophétisme, de sédition et d’erreur religieuse. Il reconnaît ses erreurs sous la torture puis se rétracte à nouveau. Condamné par un tribunal d'Inquisition, il est pendu puis brûlé sur la place où il avait élevé le bûcher des Vanités, avec deux de ses disciples.
Même après sa mort, Jérôme Savonarole continue d’exercer une influence sur ceux qui l’ont connu : ainsi, Botticelli ne peint plus de nus après l’épisode du bûcher des Vanités. Une plaque commémorative indique toujours l'emplacement de son bûcher sur la Piazza della Signoria à Florence. Il fait aujourd'hui encore l'objet d'une dévotion particulière de la part du peuple de Florence. Un mouvement en faveur de sa canonisation est soutenu par les dominicains, mais les Jésuites s’y opposent.




Léon l'Africain ( vers 1485 - vers 1554 )

Voyageur et diplomate arabe, fils adoptif du pape Léon X.

I. Sa formation

Al Hassan ibn Muhammad al Wazzan az Zayyati al Fasi dit Jean-Léon de Médicis est né à Grenade vers 1485, alors que la ville était encore musulmane. En 1492, lorsque les Rois Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon, achèvent leur Reconquiesta, sa famille s'exile à Fès au Maroc où il est instruit. Il y apprit le commerce et se vit confier des missions diplomatiques dans le nord de l'Afrique. C'est par son oncle maternel que débute sa vie de diplomate, car il le convie à l'accompagner lors d'une mission auprès du souverain de l' Empire Songhai, l'Askia Mohammed Touré. À l'âge de 20 ans, il s'engage définitivement sur les routes et la voie de la diplomatie. Sa vie est celle d'un grand voyageur et d'un négociateur : ses missions politiques et commerciales le mèneront à travers tout le monde musulman : à Constantinople, à Tombouctou, au Mali, dans la vallée du Niger et en Egypte où il remonte le Nil jusqu'à Assouan.

II. Le fils adoptif d'un pape

En 1517, alors qu'il revient d'un voyage en Égypte, il est enlevé par des pirates italiens. Mais ceux-ci ayant remarqué son intelligence, l'offrent en cadeau au pape Léon X qui complète alors son instruction. Impressionné par son élève, il le convaint de se convertir au catholicisme et l'adopte comme fils. Il le baptise de son propre nom: Jean-Léon de Médicis, en 1520. Cependant, afin de le distinguer de son très saint protecteur, il fut rapidement surnomé "l'Africain". Durant son séjour en Italie au service du pape, il apprend l'italien et le latin et enseigne l'Arabe à Bologne et fréquente de nombreux lettrés. Vers 1525-1527, il écrit sa fameuse Cosmographia de Affrica ou Descriptions de l'Afrique, ouvrage rédigé en Italien qui est encore la principale source de connaissance de l'Islam à cette époque. Ce livre devient la Bible de tous les diplomates et explorateurs intéressés par l'Afrique. En 1550, l'humaniste Ramusio l'édite à Venise en italien dans une collection de textes intitulée Navigations et voyages. Une traduction française paraît à Lyon en 1556.

III. Le mystère de la fin de sa vie

On ne sait comment se termine sa vie. Peut-être est-il mort à Rome, ou est-il retourné à Tunis pour retrouver sa foi première comme il en avait émis le souhait dès 1525. Les troubles qui déchirent l'Italie à cette époque, dont le sac de Rome en 1527, l'ont probablement poussé vers ses origines. Mais il semble qu'il soit mort vers 1554.

30 novembre 2006

Guillaume Budé ( 1467 - 1540 )


Premier humaniste et le plus influent avec Lefèvre d'Etaples.

I. Un autodidacte

Guillaume Budé est né en 1467 dans une famille fortunée. Son père est grand audiencier de la chancellerie royale, il contribue donc à la rédaction des textes de l'Etat, et possède une grande bibliothèque. Par sa mère, il est lié à la famille Poncher (dont sont issus l'évêque de Paris et les principaux conseillers de Louis XIII), ce qui va poser un problème au moment au Guillaume Duprat arrive au pouvoir puisque ce dernier s'oppose à la famille Poncher.
Guillaume Budé fait des études de droit Orléans, la meilleure université de droit, mais c'est un mauvais élève. l'élève n'est pas satisfait du type même d'enseignement qu'on y dispence. Il se passionne pour l'Antiquité pour comprendre en profondeur les textes de loi. Il veut apprendre le grec mais ne trouve aucun professeur de grec en France. Il entend parler de Georges Hermonyme, réfugié de Spartes et étudie un peu avec lui. Il faut attendre le voyage de Charles VIII en Italie qui ramène Jean Lascaris pour que Guillaume Budé ait des cours de grec. Au dévut du XVIème siècle, il commence à donner son avis sur des textes grecs et publie des traductions. Grâce à de nombreux voyages en Italie, il perfectionne son grec. Il est reconnu par Erasme et Lefèvre d'Etaples en tant qu'hélleniste. Il continue d'apprendre le grec avec François Tissard et Gilles Gourmont. Jacques Aléandre s'installe à Paris et enseigne le grec: de plus en plus de français apprennent le grec.
Parrallèlement, Guillaume Budé apprend les mathématiques et l'architecture. Il se marie à 38 ans avec une jeune femme de quinze ans dont il a eu onze enfants.

II. Le philologue

En 1508, Guillaume Budé publie un grand ouvrage les annotations aux vingt-quatre livres des Pandectes, il s'agit de la première partie du Digeste - la base du droit romain de Justinien . L'auteur a essayé de retrouver les textes originaux sans glose ( id est sans commebtaires ). Il réussit à en déduire beaucoup de notions nouvelles sur la vie des Romains: il analyse la civilisation romaine à travers le théâtre, les jeux, le mobilier, la façon dont il plante les arbres, ...)
Six ans plus tard, il publie De asse en 1514. Il part des questions monétaires à l'époque des romains pour en revenir aux grandes questions de civilisation. Guillaume Budé est le premier des grands historiens.
En 1529, il publie un dictionnaire de langue grec le commentaire de langue grec et en 1530 un traité sur la philosophie où il explique qu'à travers la philologie on accède à la sagesse antique.

III. L'Erasme français

Avec François Ier, dès 1517, Guillaume Budé à l'idée d'une institution pour apprendre l'humanisme et le grec. En 1530, il créé le collège des lecteurs royaux pour l'apprentissage du grec, du latin, de l'hébreu. Des pensions sont promises aux professeurs qui doivent trouver des locaux. Les premiers professeurs d'hébreu sont Vatable et Guidacier et ceux de grec sont Toussaint et Danès. On y ajoute une chaire pour le latin pur, ce qui révolte la Sorbonne. Le latin devient un but en soi, ce qui est nouveau. Puis des chaires de mathématiques, de rhétorique, de médecine, ... sont créées. La Sorbonne est hostile à cette institution car elle y voit une concurence dans son magistère intellectuel.
Guillaume Budé a fait chercher des livres à travers toute l'Europe pour étoffer la bibliothèque royale. Il aurait aimé que le collège des lecteurs royaux soit un palais dédié aux muses.
Il conseille François Ier et écrit l'institution du prince où il explique ce que doit être le roi, un roi absolu qui s'appui sur son pouvoir thaumaturgique et un roi qui est entouré de philosophes, de sages. Cet ouvrage est lu par le roi dès 1519 mais il n'est publié que de manière posthume en 1547.
Guillaume Budé rédige aussi des oeuvres de courtisan tel qu'un traité de vainerie. Confronté aux problèmes religieux, il a de la sympathie pour Luther mais pour lui il va trop loin. Il prend donc des distances face au protestantisme. Il veut des obsèques les plus discrètes possible. Après sa mort, une grande partie de sa famille bascule dans le protestantisme.

Guillaume Budé a été au centre de l'humanisme et en correspondance avec tous les grands humanistes: Erasme - avec qui il se brouille -, Thomas Moore, Richard Pace, Thomas Linacre, ... Sa rencontre avec Thomas Moore à lieu au camp du drap d'or. C'est au final un homme assez austère qui a publié le mépris des choses fortuites en 1520. Il était pour un labeur continuel, obstiné et percévérant.