Affichage des articles dont le libellé est Homme d'Etat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Homme d'Etat. Afficher tous les articles

01 février 2007

Anne de Beaujeu ( 1461 - 1522 )

Régente de France entre 1483 et 1491.

I. La régente


Anne de France est née en 1461. Il s'agit de la fille aînée de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Son père la surnommait « la moins folle femme de France ». Elle est mariée en 1474 avec Pierre de Beaujeu, frère du Duc de Bourbon, de vingt-deux ans son aîné et devient ainsi Anne de Beaujeu. En 1483, à la mort du roi son père, elle se voit confier la garde et le gouvernement de son frère, Charles VIII, qui n’a alors que treize ans, comme son père l'avait souhaité. Elle montre un caractère très affirmé et un goût du pouvoir qui vont faire d’elle une véritable souveraine pendant sa régence. En 1484, elle convoque les états généraux et déjoue les intrigues menées contre la royauté par les grands nobles, dont son propre beau frère Jean II de Bourbon. En effet, elle contient la noblesse et maintient fermement contre le duc d’Orléans l’autorité royale et l’unité du royaume en mettant un terme à la Guerre folle en 1488 lors de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Ces contestations avaient commencé dès la mort de Louis XI : elle convoque alors les États généraux à Tours. Pour se concilier les grands du royaume, elle sacrifie deux conseillers de son père, Jean Doyat et Olivier Le Daim. La conséquence de la Guerre folle est le mariage qu'elle organise entre son frère Charles VIII et Anne de Bretagne, la seule héritière du duc François II de Bretagne, ce qui lie le sort du duché au royaume français. En 1488, Jean II de Bourbon meurt. Son frère, le cardinal Charles II prend théoriquement possession du duché, mais Anne désire mettre la main dessus. Elle fait ainsi occuper Moulins et les principales places fortes du Bourbonnais et négocie le renoncement de Charles II à ses droits. Pierre et Anne de Beaujeu deviennent donc Ducs de Bourbon, et du même coup Ducs d’Auvergne, Comtes de Clermont, de Forez, de Gien et de la Marche, Vicomtes de Carlat et de Murat, Seigneurs de Beaujolais, d’Annonay et de Bourbon Lancy. Comme Pierre de Beaujeu est beaucoup plus âgé que sa femme, et qu’ils n’ont pas encore d’héritiers, elle lui fait signer une donation entre vifs pour éviter que tous ses biens ne retournent à la couronne.

II. Une succession difficile

À la naissance de leur fille Suzanne, elle s’arrange avec le Charles VIII pour que celle-ci hérite de tous ses biens. Mais cela contrarie la branche des Bourbon-Montpensier qui intentent un procès en vain, puisque le Roi son frère soutient Anne. Après la mort de Pierre II, choisissant la sécurité, elle marie Suzanne à l’héritier des Bourbon-Montpensier, le futur connétable Charles III - la petite Suzanne n'a que treize ans et son époux Charles en a quinze. Elle continue de régner pendant la minorité de sa fille, donnant au Bourbonnais ses plus belles lettres de noblesse et continue d’assister sa fille et son gendre jusqu’au bout. Suzanne meurt en 1521, sans héritier. Pour déjouer les manigances de Louise de Savoie, Anne avait fait signer à sa fille un testament faisant de Charles III l’héritier de tous ses biens et fait elle-même un testament en faveur de son gendre. Mais depuis, François Ier est Roi et Louise de Savoie n'est autre que sa mère. François Ier voit d’un mauvais œil l’existence d’un fief aussi puissant au cœur de la France et sa mère aidant, il fait tout pour spolier le Connétable qui après avoir tenté une alliance avec Maximilien de Habsbourg, doit finalement rendre le fief au Roi.

III. Son oeuvre

Après la mort de son mari, Anne de Beaujeu écrit Enseignements à ma fille - Suzanne n'avait alors que douze ans -, source importante sur l’éducation des jeunes filles de l’aristocratie de l’époque. Elle publie également une Histoire du siège de Brest, œuvre littéraire dont l’action se déroule durant la Guerre de Cent Ans et qui donne des exemples des actes d’une femme lors d’une situation critique. Anne meurt à Chantelle le 14 novembre 1522. Elle est enterrée dans la cathédrale de Souvigny .

26 janvier 2007

Michel Psellos ( 1020 - 1079 )

Ecrivain et philosophe grec de l'Empire byzantin.

I. L'enseignant

Michel Psellos est issu d’une famille patricienne. En 1042, il devient dignitaire la cour de Michel le Calfat, fonction qu’il conservera sous ses successeurs Constantin IX et Michel VI. En 1045, il obtient la direction de la paideia de Constantinople. Il réorganise les enseignements selon le système comprenant le trivium (grammaire, rhétorique, dialectique) puis le quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie, musique) et enfin l'étude de la philosophie. En 1054, il prend parti contre Michel Cérulaire, le patriarche, ce qui lui vaut d’être disgracié et exilé au monastère du Mont Olympe, où il prend le simple nom de Moine Michel.

II. Le conseiller de l'empereur

En 1055, l’impératrice Théodora le rappelle et le restaure dans sa chaire d’enseignant. Il devient ensuite le principal ministre de Michel VII, son ancien élève jusqu’à la déposition de celui-ci, en 1078, par Nicéphore III. Michel Psellos est alors relégué dans un couvent, où il meurt un an plus tard.

III. Son oeuvre

Philosophe, théologien, mathématicien, médecin, il a écrit sur les sujets les plus divers. On a de lui, entre autres écrits :
  • Paraphrase sur le traité de l'Interprétation d'Aristote
  • Commentaire sur l'Acoustique d'Aristote, dont une traduction latine par Comozzi a été publiée à Venise en 1554, mais dont le texte grec est inédit
  • Des propriétés des minéraux, en grec-latin
  • Des Quatre sciences mathématiques (arithmétique, musique, géométrie, astronomie), avec une version latine par G. Xylander
  • Une Chronographie qui traite la période de 975 à 1059
  • De l'action des démons, publié de nouveau en 1838 par Boissonnade avec des poésies de l'auteur.

06 décembre 2006

Louis II de Condé dit le Grand Condé ( 1621 - 1686 )


Homme d'Etat, frondeur et grand chef de guerre. D'abord duc d'Enghein puis prince de Condé.


I. L'héritier d'une prestigieuse alliance.


Louis II de Condé est né en 1621. Il est le fils d'Henri II de Condé et de Charlotte de Montmorency. Dans les années 1620, la famille Condé est proche du trône, notamment de Louis XIII et Gaston d'Orléans. Louis de Condé hérite de son père d'un rapprochement avec le cardinal de Richelieu. C'est également l'héritier de bien des lignées cadettes qui s'éteignent: les Soissons, les Conti, ... C'est l'héritier des biens de son oncle Henri de Montmorency - ainsi du château de Chantilly - et de ses ambitions.
Louis II de Condé reçoit une solide éducation chez les jésuites, il se passionne même pour les mathématiques. Plus tard, il participe à des salons, dont celui de Rambouillet. Il écrit notamment des poèmes pour la fille de Rambouillet, Julie d'Angennes. En 1641, il épouse la nièce du cardinal de Richelieu, Clémence de Maillé-Brézé.

II. Un chef de guerre ambitieux

En 1640, Louis II de Condé assiste à la prise d'Arras, puis celle de Perpignan deux ans plus tard. Le cardinal de Richelieu lui confie un régiment. C'est à lui que l'on doit la victoire de Rocroi en 1643 et la maîtrise de la Moselle par la France. Ses succès continuent les années suivantes. Il supervise de nombreux sièges dont celui de Coutrai, Merdyck, Dunkerque ou Lens.
Il entre peu à peu en conflit avec le cardinal de Mazarin. Au moment de la Fronde, il assiège Paris et exige plus de pouvoir. C'est à ce moment que s'opère la rupture et qu'il passe dans le camp des rebelles. En 1650, il est emprisonné avant d'être libéré l'année suivante. Mazarin se retire en espérant que son arogance le perdra. La guerre civile est progressivement perdu par le Grand Condé, notament après le massacre de l'hôtel de ville où sont tués les dirrigeants et où par la même occasion, il perd ses appuis. Louis II de Condé quitte alors la France et se réfugie en Espagne. Il ne réalise aucune grande victoire dans le camp espagnol mais grâce aux négociations du roi d'Espagne, il est réhabilité par le roi de France. En 1659, il revient en France et se consacre à l'exploitation de sa fortune, avant de décider de servir à nouveau le roi.
Il participe à la guerre de Dévolution puis à la guerre de Hollande, c'est notamment lui qui écrase le prince d'Orange à Senef en 1647. A la mort de Turenne, il est chargé de défendre l'Alsace. Après sa sernière campagne, il se retire au château de Chantilly.

III. Le mécène

Louis II de Condé protège plusieurs auteurs dont Corneille, Racine et Boileau. Il espérait rencontrer Spinoza et avait donc une grande ouverture d'esprit. Il avait ses propres poètes, dont Jean Baptiste Raisin qui écrivait en latin et La Chapelle. C'était également un ami du sculpteur Coysevox qui a d'ailleurs sculpté un buste de Condé. Il possède une très grande bibliothèque de plus de 10 000 ouvrages. Il accueille des savants chez lui, des membres de l'académie de médecine comme Bourdelot et il organise de très grandes fêtes dont l'une cause le suicide de son maître d'hôtel Vatel.
Mais paradoxalement, il devient dévot à la fin de sa vie.

02 décembre 2006

Nicolas Fouquet ( 1615 - 1680 )


Un des plus grands financiers du XVIIème siècle souvent poursuivit par une légende noire.

I. La clef de la réussite

Nicolas Fouquet est originaire du milieu de marchands de soie d'Angers. Son grand-père devient conseiller au parlement de Paris sous Henri III. Son père, François IV Fouquet, épouse la fille d'un collaborateur de Sully, Gilles de Maupeou, financier et grand-père de Nicolas Fouquet. François Fouquet était conseiller d'État au Parlement de Paris et associé de la Compagnie des îles d'Amérique. Sa famille a fait fortune dans le commerce du drap avant de se reconvertir dans la magistrature. Ils étaient très dévot mais son grand-père était protestant, elle est passée sous la protection du cardinal de Richelieu. Il a beaucoup de frères et soeurs, dont deux qui sont devenus évêques de Narbonne et d'Agde et ont été proche de Vincent de Paul.
Nicolas Fouquet est élève chez les jésuites au collège de Clermont, où il apprend l'art de la rhétorique. Il fait ensuite une carrière de juriste au parlement de Metz où il devient conseiller en 1633. A vingt ans, il est maître des requêtes, à trente cinq ans, il est fait procureur au parlement de Metz. C'est également un homme de pouvoir qui est intendant des armées vers 1642-1643. Il passe alors du clan de Richelieu au clan de Mazarin. Il est chargé de contrôler le parlement de Paris par Mazarin. En 1653, il est fait surintendant des finances avec Abel Servien, il a donc un rôle déterminant pour trouver de l'argent dans ce contexte de guerres. En 1659, à la mort d'Abel Servien, il reste seul en place au poste de surintendant des finances. En 1661, il devient membre du conseil d'en-haut avec Le Tellier et Hugues de Lionne.

II. L'exercice du pouvoir

Nicolas Fouquet a placé beaucoup d'espoir dans le décollage économique de la France grâce aux ports de l'Atlantique, il est le continuateur des idées de Richelieu. En effet, Nicolas Fouquet possède Belle-Isle. Il possède un bon réseau de fidélité même si le roi a sans doute surestimé ce réseau. Il s'agit surtout d'une façade afin d'instaurer la confiance. Il fait construire le château de Vaux-le-Vicomte avec Le Vau, Le Nôtre et Le Brun. Il créé même une manufacture d'objet de luxe dans le but de meubler son château. Il charge Paul Pellisson de rassembler autour de lui des artistes tels que La Fontaine, Molière ou Madame de Scudéry qu'il accueille somptueusement. On dit souvent que sa fête de l'été 1661 a été tellement somptueuse qu'il a offusqué Louis XIV.
Il est entouré de dévots, notamment sa mère et ses frères. C'est un des financiers de la compagnie du saint sacrement même s'il n'en a jamais été membre. Lamoignon était un de ses amis et a lui été membre de la compagnie.

III. La chute

D'Artagnan est chargé d'arrêter Nicolas Fouquet à Nantes le 5 septembre 1661. Les justifications avancées sont la corruption - le péculat - ou le complot pour la sécurité de l'Etat s'il avait été évincé du pouvoir - Belle-Isle aurait été une base pour construire une politique indépendante. Son procès a lieu devant une juridiction spéciale avec des juges choisis par le roi. Le procès est très long, le roi veut le voir condamner à mort mais Nicolas Fouquet se défend particulièrement bien. Il est finalement bannit du royaume parce que les juges n'osent pas aller plus loin. Mais le roi intervient et le condamne à l'emprisonnement à vie à Pignerol.
Sa détention à Pignerol est allégé à partir du moment où le duc de Lessin y est mis en prison. Beaucoup de pression ont lieu sur Louis XIV afin que Nicolas Fouquet soit remis en grâce. Il est libéré en 1680 mais meurt peut de temps après.
La famille Fouquet n'a pas vraiment été disgracié puisque son fils reçoit le duché-pairie. Sous Louis XV, son petit-fils devient maréchal de Belle-Isle. La carrière de la famille n'est donc pas entièrement brisée.

Nicolas Fouquet pensait que le roi ne pouvait pas l'arrêter, il n'a pas compris mais son rôle était trop important pour le roi. Grâce à son habileté pour la finance, Nicolas Fouquet a contribué à favoriser l'absolutisme.

30 novembre 2006

Jean François Paul de Gondi dit le cardinal de Retz


Homme d'Eglise et homme d'Etat, mémorialiste français du XVIIème siècle.

I. Sa formation

La famille de Gondi s'est installée en France au temps de Catherine de Médicis. En 1581, ils obtiennent un duché-pairie. Philippe-Emmanuel de Gondi, son père a été un des protecteur de Vincent de Paul; il est d'ailleurs rentré dans les ordres une fois veuf. La famille de Gondi dispose de l'évêché de Paris depuis 1598; c'est d'ailleurs au profit de cette famille l'archevêché de Paris est créé en 1622. Jean François Gondi est destiné à devenir un prince de l'Eglise et doit succéder à son oncle. Il suit des cours de théologie chez les jésuites.
Mais en parallèle, il mène une vie plutôt débauché et est opposé au cardinal de Richelieu depuis q'un de ses frères aînés doit renoncer aux galères au profit d'un neveu de Richelieu. Jean François de Gondi affirme même qu'il a participé au complot du comte de Soissons. En 1643, après la mort de Richelieu et de Louis XIII, il est nommé coadjuteur de l'archevêque de Paris. Il commence alors a prêcher, les curés parisiens l'apprécient beaucoup.
Jean François de Gondi est également évêque in partibus de Corinthe, évêché purement honorifique, qui n'existe plus. Il participe à des assemblées du clergé: il défend le droit de l'Eglise contre pouvoir temporel, et notament Mazarin.

II. Le frondeur

En 1648, il prend position contre Mazarin dans le but de prendre sa place. Il aimerait être cardinal afin de devenir le principal conseiller de la Reine-Mère. Il utilise notament son influence sur les prêtres pour soulever le peuple en juillet 1648. En janvier 1649, la cour quitte Paris, Gondi organise un régiment de chevaux léger, des corinthiens, pour protéger Paris contre les armées de Mazarin : mais c'est un échec. Il tente également d'empêcher la paix de Rueil mais là aussi c'est un échec.
Lors de la Fronde des princes, Jean François de Gondi est apparu entre le camp de Mazarin et de Condé car il espérait devenir cardinal. En 1650, il essaie de resoulever Paris en rapprochant la Veille Fronde de la Nouvelle Fronde, autour de Gaston d'Orléans qui en forme le ciment. C'est une réussite. Il espère obtenir le rôle de principal ministre avec l'aide de la Reine-Mère. Il arrive à discuter avec elle en bloquant Louis XIV et Anne d'Autriche à Paris.
En février 1622, il devient cardinal, mais entre temps, ses partisans ce sont éloignés de lui. Il a d'ailleurs failli être étranglé entre deux portes par Larochefoucault. Il fait un discours insolent devant Louis XIV et est arrêté en décembre 1652.

III. Un long exil

En 1654, on lui demande de démissionner de son poste d'archevêque. Il accepte cette démission dans le but d'être libéré malheureusement on ne le relâche pas et il apprend que le pape qui est contre Mazarin refuse cette démission. La cour est alors convaincu d'un complot entre Gondi et le pape. Il réussit à s'évader et part pour Rome après être passé par l'Espagne. Il demeure donc archevêque depuis Rome et les curés en sont ravis. Il s'endette considérablement et doit bientôt quitter Rome. Il vit alors tout autour de la France en attendant la fin de Mazarin. En 1662, il doit finalement renoncer à son archevêché et peut alors revenir en France, où en tout cas dans le duché de Lorraine. Il essaie alors de tout faire pour revenir en grâce auprès de Louis XIV, en intriguant au conclave pour les papes pro-français.
A la fin de sa vie, il est autorisé à revenir à Paris où il meurt en 1679. Il est alors enterré à Saint Denis, sans qu'il y ait de nom sur sa tombe. Dans les quatre dernières années de sa vie, il reconnaît tous ses péchés et vit de prières et de renoncement. C'est durant cette période qu'il écrit ses Mémoires. Il se moque des historiens et pourtant, lui même ment dans ses mémoires et invente ce qui l'arrange. Ses mémoires rendent bien compte de ce que pense un grand seigneur du XVIIème siècle. Il a également écrit la conjuration de Fiesque quelques années auparavant, dans lequel il a analysé un complot.

26 novembre 2006

Claude le Pelletier ( 1630 - 1711 )


Contrôleur général qui succède à Colbert de 1683 à 1689.

I. Les bases familiales

Né à Paris en 1630 dans une famille noble liée au Le Tellier. Claude le Peletier est apparenté à Jacques Peletier du Mans, auteur de la Pléïade. Son père, Louis le Peletier, devient trésorier des finances et achète un titre de noblesse en 1637 puis il devient secrétaire des finances de Gaston d'Orléans.
Claude le Peletier a reçu une excellente éducation, dans un premier temps avec un précepteur, puis au collège Grassin. Il se lie à Jérôme Bignon, un érudit, et fréquente un autre érudit, Pierre et Jacques Dupuis. Il effectue un riche mariage en 1656 avec la fille du prévot des marchands dont le père appartient au milieu des fermiers généraux.

II. Un homme de pouvoir?

En 1652, Claude le Peletier est nommé conseillier au Parlement de Paris, avant de devenir Président.
En 1660, il reçoit la tutelle des filles de Gaston d'Orléans. L'aînée épouse le Grand Duc de Toscane grâce aux négociations de Claude le Peletier. La cadette épouse le Duc de Guise par amour.
En 1668, il devient prévot des marchands et est reélu quatre fois d'affilé. Il fait effectuer des travaux d'aménagement, notamment les grands boulevards suite à la destruction des remparts: la porte Saint Denis et la porte Saint Martin, l'aménagement du quai de la place de Grève. Il supervise l'éclairage de Paris grâce à 5 000 lampes.
Il devient conseillier d'Etat. A la mort de Colbert en 1683, le clan Le Tellier pousse Claude le Peletier vers le contrôle général. On aurait dit à Louis XIV qu’il n’était pas propre pour cette place parce qu’il n’était pas assez dur, lequel répondit "C’est pour cela que je le choisis". Claude le Peltier est déçu par les expédients auxquels il faut avoir recours et aurait aimé avoir un souverain un peu moins dépensié. Il démissionne en 1689 et devient ministre d'Etat. Mais il s'éloigne de plus en plus de la cour. Il revient voir Louis XIV une fois par an jusqu'à sa mort en 1711, même s'il désavoue secrètement sa politique.

III. Mécénat, puissance et postérité

Claude le Peletier se constitue un important domaine à Villeneuve-Leroy. Il achète d'abord un maison, puis une seigneurie qu'il rachète à Guillaume du Vair, ancien chancelier.
Passioné de peintre, il devient le mécène de Sébastien Bourbon, disciple de Poussin. Il possède une très riche bibliothèque, en faisant racheté des bibliothèques d'érudits. Il est notamment proche de Gainière, un érudit qui passe sa vie à traverser la France et à reproduire des chartes et des monuments et de Bignon. Il est très lié au milieu dévot, c'est un ami des jansénistes et des jésuites.
Il est à la tête d'une importante famille: il a eu six filles, dont quatre sont devenus religieuses et un fils qui a été victime d'un accident. Claude est le neveu de le Peletier des Forts, ministre sous Louis XV. Son beau-frère, Fleuriot d'Armenoville, fut aussi ministre de Louis XV. Son arrière-grand-père, Pierre Pitou, est l'auteur de la Satyre Ménipée qui mettait en avant le courant des Politiques durant les guerres de religion. C'est un ancêtre d'Alexis de Toqueville et de le Peletier de Saint Fargeaux, assassiné après le vote de la mort de Louis XVI.