Affichage des articles dont le libellé est Diplomate. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Diplomate. Afficher tous les articles

03 décembre 2006

Léon l'Africain ( vers 1485 - vers 1554 )

Voyageur et diplomate arabe, fils adoptif du pape Léon X.

I. Sa formation

Al Hassan ibn Muhammad al Wazzan az Zayyati al Fasi dit Jean-Léon de Médicis est né à Grenade vers 1485, alors que la ville était encore musulmane. En 1492, lorsque les Rois Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon, achèvent leur Reconquiesta, sa famille s'exile à Fès au Maroc où il est instruit. Il y apprit le commerce et se vit confier des missions diplomatiques dans le nord de l'Afrique. C'est par son oncle maternel que débute sa vie de diplomate, car il le convie à l'accompagner lors d'une mission auprès du souverain de l' Empire Songhai, l'Askia Mohammed Touré. À l'âge de 20 ans, il s'engage définitivement sur les routes et la voie de la diplomatie. Sa vie est celle d'un grand voyageur et d'un négociateur : ses missions politiques et commerciales le mèneront à travers tout le monde musulman : à Constantinople, à Tombouctou, au Mali, dans la vallée du Niger et en Egypte où il remonte le Nil jusqu'à Assouan.

II. Le fils adoptif d'un pape

En 1517, alors qu'il revient d'un voyage en Égypte, il est enlevé par des pirates italiens. Mais ceux-ci ayant remarqué son intelligence, l'offrent en cadeau au pape Léon X qui complète alors son instruction. Impressionné par son élève, il le convaint de se convertir au catholicisme et l'adopte comme fils. Il le baptise de son propre nom: Jean-Léon de Médicis, en 1520. Cependant, afin de le distinguer de son très saint protecteur, il fut rapidement surnomé "l'Africain". Durant son séjour en Italie au service du pape, il apprend l'italien et le latin et enseigne l'Arabe à Bologne et fréquente de nombreux lettrés. Vers 1525-1527, il écrit sa fameuse Cosmographia de Affrica ou Descriptions de l'Afrique, ouvrage rédigé en Italien qui est encore la principale source de connaissance de l'Islam à cette époque. Ce livre devient la Bible de tous les diplomates et explorateurs intéressés par l'Afrique. En 1550, l'humaniste Ramusio l'édite à Venise en italien dans une collection de textes intitulée Navigations et voyages. Une traduction française paraît à Lyon en 1556.

III. Le mystère de la fin de sa vie

On ne sait comment se termine sa vie. Peut-être est-il mort à Rome, ou est-il retourné à Tunis pour retrouver sa foi première comme il en avait émis le souhait dès 1525. Les troubles qui déchirent l'Italie à cette époque, dont le sac de Rome en 1527, l'ont probablement poussé vers ses origines. Mais il semble qu'il soit mort vers 1554.

26 novembre 2006

Luitprand de Crémone ( vers 920 - vers 972 )

Historien et diplomate qui effectua plusieurs ambassades dans l'Empire romain d'Orient.

I. L'ambassadeur


Luitprand est né dans une famille lombarde vers 920 et fut élevé à la cour de Pavie. Vers 945, il est envoyé par la roi Bérenger à Constantinople en ambassade auprès de Constantin VIIafin de faire titulariser Bérenger en tant que roi d'Italie. Cette première ambassade se déroule dans un climat cordial. Luitprand s'émerveille de la prodigieuse mise en scène des splendeurs de la capitale : automates dorés en forme d'animaux, festins, cadeaux somptueux, et jusqu'à un trône impérial muni d'un ingénieux mécanisme ascensionnel. Sous l'action de ce dernier, l'empereur semble gagner les sphères surhumaines et il devient impossible aux simples mortels de ne pas ressentir son immense charisme. Cela se lit dans les descriptions minutieuses et admiratives que rédige l'ambassadeur. Lors de son retour en Occident, auprès du roi Bérenger, vers 955, il s'oppose à lui et quitte sa cour. Il rejoint ainsi l'empereur Otton 1er qui le renvoie en Italie et le nomme évêque de Crémone en 961.
En 968, Othon Ier l'envoie en ambassade à Constantinople dans le but de demander à l' empereur Nicéphore II Phocas la main d'une princesse Porphyrogénète pour son fils. Mais cette seconde ambassade est beaucoup plus délicate et difficile à mener; Luitprand revient bredouille. En effet, l'empereur byzantin lui attribue un logement inconfortable et éloigné du palais. Il lui interdit d'aller à cheval. et lui fournit, pour vin, une ignoble piquette. Tout le personnel de l'Ambassade est formé d'êtres stupides et malveillants d'après l'ambassadeur. Les discussions entre Liutprand et Nicéphore ne sont que des dialogues de sourds. Sous l'effet de ces brimades, luitprand de Crémone acquiert une perception nettement moins admirative de la splendeur byzantine. Les habits sont effectivement en soie mais elle est sale. La foule acclame le monarque, mais elle est formée d'infâmes commerçants dont les pieds nus trahissent l'indigence. Nicéphore lui-même, premier souverain de la Terre, n'apparait que comme une sorte de crapaud dans ses récits.
Otton Ier espérait obtenir par ce mariage la paix avec l'empire byzantin, mais aussi la reconnaissance par l'empereur byzantin du titre d' "Empereur et Auguste" que le pape lui a conféré. Liutprand de Crémone révèle qu'à la cour byzantine, Otton est appelé "Rex".

II. Son oeuvre

Liutprand est connu pour ses écrits :
  • l'Antapodosis, sur fond d'hostilité entre Luitprand et Bérenger et sa femme, il s'agit d'une histoire en six livres, des événements qui ont eu lieu en Italie, en Allemagne et dans l'Empire Romain d'Orient entre 886 et 952. Il régigea cet ouvrage de 958 à 962.
  • le Liber de rebus gestis Ottonis magni imperatoris, récit historique rédigé entre 960 et 964.
  • le Legatio ou De Legatione Constantinopolitana, récit de ses deux ambassades à Constantinople.